Vérifié le 16 août 2026 · nos règles de vérification
Le surendettement, sa définition légale et les personnes qui peuvent en relever
Un propriétaire qui n'y arrive plus commence rarement par la Banque de France : il cherche d'abord à refinancer, et l'idée d'hypothéquer sa maison quand les dettes s'accumulent arrive vite dans la conversation. C'est un réflexe sain, et c'est même l'ordre que nous recommandons. Mais il existe un seuil au-delà duquel aucun crédit ne répare rien, et où la procédure de surendettement devient la seule chose qui arrête l'hémorragie. Cette page pose la frontière, chiffres et textes à l'appui.
Définition du surendettement : une seule phrase, et elle est dans le code
Le code de la consommation ne parle ni de découvert, ni de nombre de crédits, ni de taux d'endettement. Il retient une formule unique : la situation de surendettement est caractérisée par l'impossibilité manifeste de faire face à l'ensemble de ses dettes non professionnelles exigibles et à échoir (article L.711-1). « Exigibles et à échoir » signifie que l'on compte les mensualités déjà en retard et celles qui vont tomber : une situation encore à jour mais mathématiquement intenable entre dans la définition.
2 conséquences pratiques. Un dossier n'attend pas le premier impayé pour être recevable. Et l'ampleur de la dette ne fait rien à l'affaire : c'est le rapport entre les charges et les ressources qui décide, pas le montant total. Un ménage à 18 000 € de dettes peut être surendetté quand un autre à 90 000 € ne l'est pas.
Être propriétaire de sa résidence principale n'interdit pas de déposer un dossier
C'est le point que presque aucun site ne cite, alors qu'il est écrit noir sur blanc. L'article L.711-1 précise que le seul fait d'être propriétaire de sa résidence principale, dont la valeur estimée au jour du dépôt est égale ou supérieure au montant total des dettes, ne peut pas empêcher que le surendettement soit caractérisé. Autrement dit : la commission n'a pas le droit de vous répondre « vendez d'abord votre maison ».
Cette phrase a été introduite pour mettre fin à une pratique de refus systématique. Elle ne garantit pas que le logement sera conservé dans toutes les issues — nous y venons — mais elle interdit qu'il serve de motif d'irrecevabilité.
La bonne foi est présumée : c'est au créancier de prouver le contraire
Le bénéfice de la procédure est réservé aux personnes physiques de bonne foi. Le mot inquiète, à tort : la bonne foi est présumée, et elle s'apprécie à la date de la saisine. Ce n'est donc pas au déposant de la démontrer, c'est à un créancier de la contester, avec des faits. Sont visés l'organisation volontaire de son insolvabilité, les déclarations mensongères et l'emprunt souscrit en sachant qu'il ne serait pas remboursé — pas la maladresse, pas l'accumulation de crédits à la consommation, pas le divorce.
148 013 dossiers déposés en 2025 : le portrait chiffré du surendettement
Les statistiques annuelles de la Banque de France datent une page mieux que n'importe quelle formule. Elles disent aussi quelque chose d'utile à qui hésite : ce que vous vivez est une situation de masse, traitée en série, par une administration qui a vu 148 013 dossiers en une seule année.
44 % de crédits à la consommation, 25,7 % de dettes immobilières
La structure de la dette des ménages surendettés est publique, et elle contredit l'image du dossier « uniquement conso ». Les crédits à la consommation pèsent 44 % de l'endettement global, les dettes immobilières 25,7 % — un quart, en baisse pour la cinquième année consécutive — et les charges courantes impayées 13,4 %.
Ce quart immobilier est la raison d'être de cette page. Un dossier de surendettement sur une part importante concerne des ménages qui ont un bien, donc un actif, donc une question que les pages généralistes n'abordent jamais : que devient-il ?
62 % des ménages surendettés vivent sous le seuil de pauvreté
La Banque de France mesure que 62 % des ménages surendettés se situent sous le seuil de pauvreté, contre 15 % dans la population générale. Le surendettement n'est donc pas, statistiquement, une affaire de consommation excessive : c'est d'abord une affaire de revenus insuffisants, souvent déclenchée par une rupture — perte d'emploi, séparation, maladie.
Le nombre de dossiers a par ailleurs reculé de 32 % depuis 2015, et le nombre de personnes fichées au titre du surendettement de 45 % en 10 ans, à 476 000. La hausse de 9,8 % constatée en 2025 est une inflexion récente, pas un retour au niveau d'il y a 10 ans.
Les 3 démarches gratuites à activer avant de déposer un dossier
Un dossier de surendettement n'est pas la première marche, c'est la troisième. 3 dispositifs existent en amont, ils sont gratuits, et ils ne laissent aucune trace dans aucun fichier. Ils sont systématiquement absents des pages commerciales, qui ont intérêt à ce que le lecteur choisisse tout de suite entre un rachat et une procédure.
Le 34 14, le numéro d'information de la Banque de France
Le 34 14 renseigne gratuitement sur la procédure, sur l'état d'un dossier en cours et sur les fichiers d'incidents. Il ne déclenche rien : appeler n'inscrit personne nulle part. C'est le moyen le plus simple de vérifier si vous êtes déjà inscrit, et à quel titre.
Le point conseil budget, gratuit et confidentiel
Les points conseil budget sont des structures labellisées par l'État, gratuites et ouvertes à tous, qui refont le budget ligne à ligne et négocient avec les créanciers. Elles aident aussi à constituer le dossier si la procédure devient nécessaire. Un dossier préparé avec un point conseil budget passe plus vite, parce qu'il arrive complet.
Le délai de grâce du juge : 2 ans de report, sans fichage
Rarement cité, l'article 1343-5 du code civil permet au juge d'accorder un report ou un échelonnement des sommes dues pendant 2 ans au maximum, en tenant compte de la situation du débiteur. Il peut aussi décider que les sommes échelonnées porteront intérêt à un taux réduit. Ce délai de grâce n'entraîne aucune inscription au FICP, et il suffit lorsque la difficulté est ponctuelle : une fin de chantier, un arrêt maladie, une succession qui traîne.
Les 3 issues de la procédure, et l'ordre dans lequel elles sont envisagées
Une fois le dossier déclaré recevable, il est orienté. Le mot compte : personne ne choisit son issue, elle découle de la situation constatée. Il en existe 3, et elles se distinguent par une seule question — reste-t-il de quoi rembourser quelque chose ?
- Le plan conventionnel de redressementIl reste une capacité de remboursement. Un plan est négocié entre vous et vos créanciers, sous l'égide de la commission de surendettement et ses 7 membres. Il doit être accepté par les 2 côtés. Durée totale plafonnée à 7 ans, révision et renouvellement compris (art. L.732-3).
- Les mesures imposéesLe plan a échoué, ou un créancier refuse. La commission impose alors des mesures : rééchelonnement, imputation prioritaire sur le capital, réduction du taux, moratoire de 2 ans au maximum (art. L.733-1). Les créanciers subissent la décision.
- Le rétablissement personnelLa situation est « irrémédiablement compromise » : aucun remboursement n'est possible, même étalé. Les dettes sont effacées, avec liquidation du patrimoine si l'actif le justifie, sans liquidation quand il n'y a rien à vendre (art. L.741-1).
Le plan conventionnel : un accord, donc une négociation
Le plan conventionnel est un contrat. Il peut prévoir des reports, des rééchelonnements, des remises d'intérêts, parfois des abandons partiels de créance. Sa durée totale ne peut pas dépasser 7 ans, renouvellement et révision compris — le plafond était de 8 ans pour les dossiers déposés avant le 1er janvier 2018, et 5 sites sur 10 publient encore l'ancien chiffre. Le détail des durées, des cas de révision et de la sortie anticipée tient dans la durée d'un plan de surendettement.
Les mesures imposées : la commission décide à la place des créanciers
Quand l'accord ne se fait pas, la commission impose. Elle peut rééchelonner sur 7 ans au maximum, ou la moitié de la durée restante des emprunts en cours — le plus court des deux (art. L.733-1, 1°). Elle peut imputer les paiements en priorité sur le capital, ce qui est très favorable, et réduire le taux d'intérêt, y compris en dessous du taux légal. Elle peut enfin suspendre l'exigibilité des créances autres qu'alimentaires pendant 2 ans au maximum, intérêts suspendus : c'est le moratoire.
Le rétablissement personnel : l'effacement, avec ou sans vente
Quand rien n'est remboursable, les dettes sont effacées. 2 formes coexistent : sans liquidation judiciaire, lorsque le patrimoine se limite aux biens meublants nécessaires à la vie courante et aux biens non professionnels indispensables ; avec liquidation judiciaire lorsqu'il existe un actif à vendre. La différence est décisive pour un propriétaire, et le rétablissement personnel et l'effacement des dettes en détaille les conditions et les effets, dette par dette.
Le sort de la maison dans chacune des 3 issues, en un tableau
Voici la section qui manque à toutes les pages du marché. La question « la commission peut-elle me faire vendre ? » n'a pas une réponse, elle en a 3, et elles n'ont rien à voir entre elles. Le tableau résume, les paragraphes qui suivent expliquent chaque ligne.
| Issue de la procédure | La maison peut-elle être vendue ? | L'hypothèque du prêteur | Le prêt immobilier |
|---|---|---|---|
| Plan conventionnel de redressement | Non, sauf si vous l'acceptez dans le plan | Elle reste inscrite et garde son rang | Rééchelonnable au-delà de 7 ans si la vente est évitée |
| Mesures imposées par la commission | Non : la commission n'a pas ce pouvoir | Elle reste inscrite, la commission ne peut pas la radier | Rééchelonnable, taux réductible, capital d'abord |
| Rétablissement personnel sans liquidation | Non : il suppose l'absence d'actif à vendre | Sans objet le plus souvent | Effacé avec les autres dettes non professionnelles |
| Rétablissement personnel avec liquidation | Oui : le bien entre dans l'actif liquidé | Le créancier est payé sur le prix, à son rang | Effacé pour le solde qui reste après la vente |
Lecture des articles L.732-3, L.733-1, L.741-1 et suivants du code de la consommation, août 2026. La liquidation judiciaire n'est prononcée que par le juge des contentieux de la protection, jamais par la commission seule.
Le seul cas où un plan peut dépasser 7 ans concerne votre résidence principale
L'article L.732-3 plafonne la durée totale du plan à 7 ans. Son deuxième alinéa écarte ce plafond dans un cas unique : les mesures qui portent sur le remboursement des prêts immobiliers de la résidence principale, lorsqu'elles permettent d'éviter la vente du logement, ou lorsqu'elles permettent de rembourser la totalité des dettes tout en conservant le logement. Le sujet de ce site est écrit dans le texte de loi lui-même, et il n'est exploité par personne.
Concrètement : un prêt immobilier de 14 ans restant ne se compresse pas en 7 ans pour faire entrer le ménage dans le plafond. Il peut être maintenu sur sa durée, allongé même, précisément parce que l'objectif affiché par le législateur est d'éviter la vente.
La commission ne peut ni radier une hypothèque, ni faire perdre son rang au prêteur
Une inscription hypothécaire est une sûreté réelle : elle survit à la procédure. La commission peut réaménager la dette qu'elle garantit, elle ne peut pas effacer l'inscription elle-même, qui disparaîtra par mainlevée, par caducité ou à la vente. Un propriétaire déjà engagé par une inscription trouvera dans le sort de la maison dans un dossier de surendettement le détail de ce que la recevabilité change à sa situation, y compris pour le co-emprunteur et la caution.
Les conséquences d'un dossier de surendettement, du dépôt à la fin du plan
« Conséquence d'un dossier de surendettement » est l'une des recherches les plus tapées du champ, et la plupart des réponses mélangent 3 moments qui n'ont pas les mêmes effets : le dépôt, la recevabilité, et l'exécution. Les voici séparés.
Le fichage commence dès le dépôt, pas à la décision de recevabilité
C'est l'erreur la plus coûteuse du marché. Le dépôt du dossier entraîne à lui seul l'inscription au FICP, avant même que la commission ait statué. Il n'existe donc aucune fenêtre de 1 à 3 mois pendant laquelle on pourrait encore obtenir un crédit « le temps que la décision arrive » : dès le lendemain du dépôt, tout établissement consulté verra l'inscription. Les durées, elles, dépendent de l'issue — 5 ans, 7 ans ou 5 ans selon les cas — et le fichage FICP à la Banque de France détaille ce calendrier ligne à ligne.
La recevabilité gèle les saisies pendant 2 ans au maximum
La décision de recevabilité suspend et interdit les procédures d'exécution portant sur les dettes autres qu'alimentaires, ainsi que les cessions de rémunération consenties par le débiteur (art. L.722-2). Cette suspension dure jusqu'à l'approbation du plan et au maximum 2 ans (art. L.722-3). C'est la protection la plus forte de toute la procédure, et aucun refinancement, aucun rachat de crédit ne la reproduit.
En contrepartie, l'article L.722-5 vous interdit d'aggraver votre insolvabilité, de payer un créancier plutôt qu'un autre et de consentir de nouvelles garanties. Cette interdiction n'est pas absolue : le juge des contentieux de la protection peut l'autoriser. Presque aucun site marchand ne le mentionne, alors que c'est ce qui rend certains montages encore possibles pendant l'exécution.
Le compte bancaire reste ouvert, la carte peut changer de nature
Le co-emprunteur, la caution et le conjoint resté en dehors du dossier
La procédure est personnelle : elle protège celui qui dépose, pas celui qui a signé à côté de lui. Un co-emprunteur qui ne dépose pas reste tenu de la totalité de la dette, et un créancier peut se retourner entièrement vers lui. La caution, de la même façon, n'est pas libérée par l'effacement dont bénéficie le débiteur principal.
2 réflexes en découlent. Dans un couple où les crédits sont communs, le dossier se dépose à deux, sauf raison précise de faire autrement. Et lorsqu'un proche s'est porté caution, il faut l'avertir avant le dépôt : il apprendra sinon la nouvelle par une mise en demeure.
Un dossier de surendettement ne ferme pas le compte. Il n'entraîne pas non plus d'interdiction bancaire : ce sont 2 fichiers différents. La banque conserve en revanche la liberté de remplacer une carte à débit différé par une carte à autorisation systématique et de supprimer le découvert autorisé — d'où la recherche fréquente « dossier de surendettement carte bancaire bloquée ». Le droit au compte et les services bancaires de base restent garantis par l'article L.312-1 du code monétaire et financier, quelle que soit la situation.
Le calendrier réel de la procédure, comparé au calendrier légal
Les délais publiés par la loi sont des plafonds, pas des durées moyennes. L'écart entre les deux est considérable, et il rassure : la Banque de France mesure un délai réel de recevabilité d'un peu plus d'un mois, quand le texte lui en accorde 3.
| Étape | Délai fixé par le texte | Délai réellement constaté |
|---|---|---|
| Décision de recevabilité après le dépôt | 3 mois | un peu plus d'un mois |
| Orientation et solution proposée | non plafonné | environ 4 mois au total |
| Contestation des mesures imposées | 30 jours | 30 jours |
| Suspension des procédures d'exécution | 2 ans au maximum | jusqu'au plan |
| Durée du plan ou des mesures | 7 ans au maximum | variable |
Délais légaux : code de la consommation, articles L.721-2, L.722-3, L.732-3, L.733-1 et R.733-6. Délais constatés : Banque de France, statistiques du surendettement 2025.
La sanction du dépassement des 3 mois est un droit du débiteur
Si la commission ne statue pas sur la recevabilité dans les 3 mois du dépôt, le texte prévoit une sanction automatique : le taux d'intérêt de tous les emprunts en cours est ramené au taux de l'intérêt légal pendant les 3 mois suivants, sauf décision contraire de la commission ou du juge (c. conso., art. L.721-2). Ce n'est pas une faveur, c'est un droit — et il n'est presque jamais expliqué à celui qui pourrait s'en prévaloir.
Les 6 étapes, du formulaire à la première mensualité du plan
Le parcours complet, du retrait du formulaire à la mise en place de la solution, tient en 6 étapes. Chacune a ses pièces, ses délais et ses recours ; déposer un dossier de surendettement reprend le détail de la constitution, des pièces qui font accepter un dossier du premier coup et des recours en cas de refus.
Les 5 dettes qu'aucune procédure n'efface, quelle que soit l'issue
« Le rétablissement personnel efface toutes les dettes » est faux, et la liste des exceptions est courte : elle tient dans un seul article, le L.711-4 du code de la consommation. La connaître évite de bâtir un plan sur une illusion.
- Les dettes alimentaires — pensions, contributions à l'entretien des enfants. Elles ne sont ni effacées, ni suspendues, ni rééchelonnées.
- Les réparations pécuniaires allouées aux victimes d'infractions pénales, dans le cadre d'une condamnation.
- Les dettes nées de manœuvres frauduleuses commises au préjudice des organismes de protection sociale, une fois la fraude établie.
- Les amendes pénales, y compris les amendes forfaitaires majorées.
- Les dettes fiscales sanctionnées par des majorations non rémissibles — celles du II de l'article 1756 et de l'article 1745 du code général des impôts, et celles de l'article L.267 du livre des procédures fiscales. Ajout de la loi de finances pour 2022. L'impôt ordinaire, lui, reste effaçable.
Depuis 2016, les dettes professionnelles du particulier sont effaçables
Une deuxième idée fausse circule en sens inverse : « seules les dettes non professionnelles sont effacées ». C'était vrai avant 2016. Aujourd'hui, l'article L.741-2 prévoit que le rétablissement personnel efface aussi les dettes professionnelles du débiteur personne physique. La distinction subsiste pour l'accès à la procédure — on entre par les dettes non professionnelles — mais plus pour l'effacement.
Les dettes fiscales et sociales suivent le sort commun
Les impôts, les cotisations sociales et les charges courantes impayées entrent dans le dossier et peuvent être rééchelonnés comme le reste, voire effacés en rétablissement personnel. Seule la fraude caractérisée fait exception. La commission dispose d'ailleurs d'un droit de communication auprès des administrations publiques pour vérifier la réalité de ces dettes.
Les 4 fenêtres du regroupement de crédits autour d'une procédure de surendettement
La question « peut-on faire un rachat de crédit quand on est en surendettement ? » reçoit partout une réponse binaire, oui ou non, et elle est fausse dans les deux sens. La bonne réponse dépend du moment. Il y en a 4, et ils n'ont pas la même ouverture.
| Moment | Le refinancement est-il possible ? | Pourquoi |
|---|---|---|
| 1. Avant le dépôt du dossier | Oui, c'est la vraie fenêtre | Aucune inscription n'est encore posée, le dossier s'instruit normalement |
| 2. Après le dépôt, avant la décision | Non, en pratique | L'inscription au FICP est déjà faite : aucun prêteur ne donne suite |
| 3. Pendant le plan ou les mesures | Exceptionnellement, sur autorisation | L'article L.722-5 interdit de consentir de nouvelles sûretés, mais le juge peut l'autoriser |
| 4. Après la fin du plan | Oui, dès la radiation du fichier | Le fichage court jusqu'à 7 ans, avec radiation à 5 ans en l'absence d'incident |
Lecture du code de la consommation, articles L.722-5 et L.751-1 et suivants, et de la documentation FICP de la Banque de France, août 2026.
Avant le dépôt : la seule fenêtre réellement ouverte
Tant que rien n'est déposé, un dossier de refinancement s'étudie comme un autre. C'est le moment où regrouper ses crédits quand on possède son logement a le plus de sens : la mensualité globale baisse, les impayés cessent, et la procédure devient inutile. Passé le dépôt, cette porte se referme le jour même.
Pendant le plan : l'autorisation du juge existe, et presque personne ne le dit
« Aucune banque ne peut racheter un dossier de surendettement » est l'affirmation la plus répandue du secteur, et elle est incomplète. L'article L.722-5 interdit de prendre de nouvelles garanties sauf autorisation du juge des contentieux de la protection, et la Banque de France prévoit une procédure de demande d'autorisation. Cela reste rare et long ; cela n'est pas impossible, et le dire honnêtement vaut mieux qu'un « non » définitif.
Après le plan : le vrai jalon est la radiation du fichier, pas la fin du plan
La fin du plan ne rouvre pas mécaniquement le crédit. Le FICP peut courir pendant toute la durée d'exécution, dans la limite de 7 ans, avec une radiation anticipée à 5 ans si aucun incident n'est survenu au cours des 5 premières années. C'est cette date-là qu'il faut retenir, pas celle de la dernière mensualité.
Quand la procédure protège mieux qu'un refinancement : le contre-argument assumé
Ce site vit du regroupement de crédits. Il serait plus rentable, à court terme, de laisser croire qu'un rachat répare tout. Il existe pourtant une zone où c'est faux, et où pousser un crédit de plus revient à faire perdre 6 mois à quelqu'un qui n'en a plus.
Au-delà de 50 % de taux d'effort, aucun montage ne tient
Quand les charges de crédit dépassent la moitié des revenus et que la situation est durable — pas un accident de trésorerie de 3 mois — l'allongement de durée ne suffit plus. Rallonger fait baisser la mensualité, mais augmente le coût total et repousse le problème. La norme du Haut Conseil de stabilité financière, 35 % d'effort assurance comprise, avec 20 % de marge de flexibilité, donne l'ordre de grandeur du raisonnable ; au double, il n'y a plus de montage.
3 protections qu'un rachat de crédit ne donne jamais
- L'arrêt des intérêts. Un moratoire suspend l'exigibilité des créances autres qu'alimentaires pendant 2 ans, intérêts suspendus (art. L.733-1, 4°). Aucun refinancement ne fait cela : il remplace des intérêts par d'autres.
- La suspension des saisies. La recevabilité suspend et interdit les procédures d'exécution pendant 2 ans au maximum (art. L.722-2 et L.722-3). Un rachat de crédit ne suspend rien tant qu'il n'est pas débloqué.
- L'effacement. Aucun crédit n'efface une dette : il la déplace. Seul le rétablissement personnel l'efface, et il efface aussi les dettes professionnelles depuis 2016.
Le point de bascule, formulé simplement
Si un regroupement ramène la mensualité globale sous 35 à 40 % des revenus sans allonger au-delà du raisonnable et sans laisser d'impayés derrière lui, il est préférable : il évite le fichage, il préserve l'accès au crédit, il ne coûte rien en droits. S'il n'y parvient pas, la procédure est plus protectrice, et arbitrer entre le dépôt du dossier et un refinancement pose la grille situation par situation.
Le taux d'endettement, le reste à vivre et les seuls montants réellement opposables
3 chiffres circulent dans toutes les discussions sur le surendettement : 33 %, 35 % et un « barème de reste à vivre ». 2 sont approximatifs, le troisième n'existe pas. Voici ce que la loi fixe réellement.
Le taux d'endettement de référence est de 35 %, assurance comprise
Le seuil de 33 % appartient au passé. La décision du Haut Conseil de stabilité financière du 29 septembre 2021 retient 35 % de taux d'effort maximal, assurance comprise, pour une maturité de 25 ans au plus. 2 nuances que personne ne pose : c'est une norme applicable aux crédits immobiliers résidentiels, pas un plafond légal universel, et elle s'accompagne d'une marge de flexibilité de 20 % de la production trimestrielle des établissements. Le calcul, les charges à inclure et les cas de dépassement sont détaillés dans le taux d'endettement et le reste à vivre.
Aucun barème légal du reste à vivre n'existe en droit français
C'est un fait de droit, vérifié par absence : aucun texte ne fixe de barème de reste à vivre. Les tableaux qui circulent sur les sites commerciaux sont des reconstitutions, parfois raisonnables, jamais opposables. Chaque commission apprécie, à partir des charges réelles du foyer, et c'est aussi pourquoi la mensualité retenue peut se contester.
Les 3 seuls montants que la loi impose vraiment
| Montant opposable | Valeur | Texte |
|---|---|---|
| Fraction absolument insaisissable du salaire | 651,69 € | C. trav., art. L.3252-5 |
| Solde bancaire insaisissable laissé automatiquement | 651,69 € | Banque de France |
| Barème de quotité saisissable des rémunérations | 8 tranches | Décret annuel |
Montants en vigueur au 1er avril 2026. Le solde bancaire insaisissable est identique quelle que soit la composition du foyer : il ne se majore pas pour les personnes à charge, contrairement à la quotité saisissable du salaire.
Retenez le principe : ce qui est opposable est un plancher, jamais un barème de confort. 651,69 € par mois ne correspondent à aucune idée du reste à vivre décent ; c'est le montant en dessous duquel aucune saisie ne peut descendre.
Les 5 idées fausses les plus répandues sur le surendettement, et ce que dit le texte
Le champ est saturé de contenus recopiés les uns sur les autres, dont certains n'ont pas été mis à jour depuis 8 ans. Voici les affirmations les plus fréquentes, et la règle applicable en août 2026.
| Affirmation courante | Règle applicable | Texte ou source |
|---|---|---|
| « Le plan de surendettement dure 8 ans » | 7 ans au maximum, révision et renouvellement compris, depuis les dossiers déposés au 1er janvier 2018 | C. conso., art. L.732-3 |
| « Le fichage FICP dure 5 ans dans tous les cas » | 5 ans pour un incident, jusqu'à 7 ans pour un plan ou des mesures, 5 ans en rétablissement personnel | C. conso., art. L.751-1 et s. |
| « On est fiché à la décision de recevabilité » | L'inscription intervient dès le dépôt du dossier | Banque de France |
| « Le rétablissement personnel efface toutes les dettes » | 5 catégories ne sont jamais effacées | C. conso., art. L.711-4 |
| « La Banque de France décide » | Elle assure le secrétariat ; la décision appartient à la commission | C. conso., art. L.712-4 et s. |
Relevé des 10 premiers résultats de la page de recherche sur « surendettement », août 2026 : 5 sites sur 10 publiaient encore la durée de 8 ans.
« Le FICP interdit d'emprunter » : la Banque de France dit le contraire
L'inscription au FICP n'est pas une interdiction légale de prêter. La Banque de France l'écrit elle-même : le fichier est un outil d'aide à la décision, consulté obligatoirement par les établissements avant d'accorder un crédit, et non une interdiction. En pratique, un établissement classique ne suit quasiment jamais ; en droit, rien ne le lui interdit. La nuance a une conséquence concrète : un refus de crédit, lui, ne s'inscrit dans aucun fichier — essuyer un refus n'aggrave donc pas votre dossier.
La « nouvelle loi surendettement » de 2026 ne change aucune durée de fichage
Une requête très demandée porte sur une prétendue réforme. Les ordonnances n° 2025-880 et n° 2025-1154, qui transposent la directive européenne 2023/2225 sur le crédit aux consommateurs et entrent en vigueur le 20 novembre 2026, portent sur l'information précontractuelle et l'évaluation de solvabilité. Elles ne modifient ni les durées d'inscription au FICP, ni la durée des plans, ni les seuils de recevabilité. La confusion vient de ce que les textes touchent à la consultation du fichier, pas à la durée d'inscription.
Questions fréquentes
Quelle est la définition du surendettement ?
Quelles sont les conséquences d'un dossier de surendettement ?
La commission de surendettement peut-elle m'obliger à vendre ma maison ?
Combien de temps dure une procédure de surendettement ?
Peut-on faire un rachat de crédit pendant un surendettement ?
Quelles dettes ne sont jamais effacées par un rétablissement personnel ?
- Le prêt hypothécaireLe prêt hypothécaire est un crédit garanti par un bien que vous possédez déjà.
- C'est quoi une hypothèqueUne hypothèque est une garantie que votre prêteur fait inscrire sur votre maison.
- Pourquoi hypothéquer sa maisonOn n'hypothèque jamais pour hypothéquer : la garantie est le prix payé pour obtenir une somme, une durée ou un accord.
Cette page est mise à jour dès qu'un barème, un taux ou un texte change. Les montants publiés portent leur source et leur date à l'endroit exact où ils apparaissent.
Nous ne prêtons pas et ne percevons aucune somme de nos lecteurs. Quand une solution moins chère existe, elle est écrite en premier, même si elle ne nous rapporte rien.
Une erreur ? Signalez-la : elle sera corrigée et la correction sera datée.
- Code de la consommation, article L.711-1 (définition du surendettement, bonne foi présumée, propriétaire de sa résidence principale), article L.711-4 (les 5 dettes exclues de tout effacement), articles L.722-2, L.722-3 et L.722-5 (suspension des procédures d'exécution, durée de 2 ans, interdiction d'aggraver l'insolvabilité sauf autorisation du juge des contentieux de la protection).
- Code de la consommation, article L.721-2 (délai de 3 mois pour statuer sur la recevabilité et sanction du taux de l'intérêt légal pendant les 3 mois suivants), article R.733-6 (délai de 30 jours pour contester les mesures imposées).
- Code de la consommation, article L.732-3 (durée totale du plan conventionnel limitée à 7 ans, révision et renouvellement compris, et exception de l'alinéa 2 pour les mesures relatives au remboursement des prêts immobiliers de la résidence principale évitant la vente du logement), plafond porté de 8 à 7 ans par la loi n° 2016-1691 du 9 décembre 2016 pour les dossiers déposés à compter du 1er janvier 2018.
- Code de la consommation, article L.733-1 (mesures imposées : rééchelonnement limité à 7 ans ou à la moitié de la durée restante des emprunts, imputation prioritaire sur le capital, réduction du taux, moratoire de 2 ans au maximum avec suspension des intérêts), articles L.741-1 et suivants et L.741-2 (rétablissement personnel, situation irrémédiablement compromise, effacement des dettes professionnelles depuis 2016), articles L.712-4 et suivants (commission de surendettement), articles L.751-1 et suivants (fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers).
- Banque de France, statistiques du surendettement des ménages, exercice 2025 : 148 013 dossiers déposés (+ 9,8 % sur un an, − 32 % par rapport à 2015), 476 000 personnes inscrites au FICP au titre du surendettement (− 45 % en 10 ans), 5 milliards d'euros d'endettement global (+ 11,1 %), 44 % de dettes à la consommation, 25,7 % de dettes immobilières, 13,4 % de charges courantes, 62 % des ménages sous le seuil de pauvreté, taux de recevabilité voisin de 95 %, délai réel de recevabilité d'un peu plus d'un mois, délai moyen jusqu'à la solution proche de 4 mois. Information générale au 34 14.
- Haut Conseil de stabilité financière, décision n° D-HCSF-2021-7 du 29 septembre 2021 (taux d'effort maximal de 35 % assurance comprise, maturité maximale de 25 ans) et décision n° D-HCSF-2023-2 du 29 juin 2023 (marge de flexibilité de 20 % de la production trimestrielle).
- Code du travail, article L.3252-5 (fraction absolument insaisissable de la rémunération, 651,69 € au 1er avril 2026) ; Banque de France, solde bancaire insaisissable, montant identique quelle que soit la composition du foyer.
- Code monétaire et financier, article L.312-1 (droit au compte et services bancaires de base), article L.519-6 (aucune somme perçue avant le déblocage effectif des fonds) et article L.546-3 (interdiction de laisser croire à une immatriculation ORIAS).
- Ordonnances n° 2025-880 et n° 2025-1154 transposant la directive (UE) 2023/2225 relative aux contrats de crédit aux consommateurs, entrée en vigueur au 20 novembre 2026 : elles ne modifient ni les durées d'inscription au FICP, ni la durée des plans de surendettement.
Ce guide est écrit et vérifié par l'équipe éditoriale du site. Son expérience ne vient pas de la documentation : elle vient de la conduite d'un cabinet de courtage en regroupement de crédits, de 2016 à 2024 — des dossiers de propriétaires montés, défendus devant les établissements, acceptés ou refusés.
