AccueilHypothéquer sa maisonRegroupement de crédits pour propriétaire
La silhouette de deux parents qui se donnent la main, leur enfant suspendu entre eux, au bord de l'eau, en tête du guide « Regroupement de crédits pour propriétaire »
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Rachat de crédit propriétaire : le regroupement, sa durée et son coût réel

Regrouper ses crédits quand on est propriétaire, c'est réunir ses crédits à la consommation — et parfois le prêt immobilier — en une seule mensualité que les revenus supportent. C'est la première solution que nous instruisons, parce qu'elle allège la charge sans prendre de garantie sur le logement. Voici ses conditions, le montant et la durée accessibles, et son coût complet.

Vérifié le 16 août 2026·16 min de lecture ·La rédaction
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Vérifié le 16 août 2026 · nos règles de vérification

Ce qu'un regroupement de crédits change pour un propriétaire : le tableau avant / après

Un regroupement de crédits ne fait pas disparaître une dette. Il l'étale sur plus longtemps : un établissement rachète vos crédits en cours, les remplace par un seul contrat, allonge la durée et ramène la mensualité à un niveau que vos revenus supportent. Ce que l'opération rétablit, c'est une capacité de paiement mensuelle — pas un patrimoine. C'est la solution que nous instruisons avant toutes les autres, et les 6 alternatives comparées sur un même besoin montre pourquoi elle passe en premier. La porte suivante, que nous gardons pour la fin, est hypothéquer sa maison quand le regroupement ne suffit plus, avec la garantie et les frais que cela suppose.

Ce que l'on regroupe, dans la très grande majorité des dossiers de propriétaires, ce sont des crédits à la consommation : auto, travaux, renouvelable, découvert, parfois un arriéré fiscal. Le prêt immobilier, lui, peut être repris ou laissé en dehors du montage : c'est une question à part, tranchée plus bas au vu de son taux, et non le sujet de l'opération.

Être propriétaire change 3 choses, et une seule est connue. Le prêteur voit un patrimoine derrière le dossier, donc il accepte des durées plus longues. Il peut, s'il le juge nécessaire, demander une garantie sur le bien — mais il ne le fait pas systématiquement, loin de là. Enfin, un propriétaire porte souvent un prêt immobilier : le reprendre ou non est un arbitrage de plus, que le locataire n'a pas. Ces 3 différences commandent l'ordre dans lequel nous instruisons un dossier de propriétaire.

Le dossier type : 130 000 € d'encours, 1 575 € de mensualités, 51 % d'endettement

Prenons un couple propriétaire d'un bien estimé 250 000 €, avec 3 100 € de revenus nets mensuels. Ce dossier n'a rien d'exceptionnel : c'est la configuration la plus fréquente que nous voyons passer.

Crédit en coursCapital restant dûTauxMensualité
Prêt immobilier (2021)90 000 €1,20 %655 €
Crédit auto11 000 €5,90 %334 €
Prêt travaux18 000 €6,40 %350 €
Crédit renouvelable7 000 €19,50 %236 €
Dette fiscale échelonnée4 000 €
Total130 000 €1 575 €

Cas type reconstitué en août 2026 à partir de dossiers de propriétaires. Taux d'endettement avant opération : 51 % pour 3 100 € de revenus nets.

À 51 % d'endettement, ce couple n'obtient plus rien d'une banque classique et vit avec 1 525 € de reste à vivre pour tout le reste. Il n'est pourtant ni fiché, ni en défaut : il est simplement mal endetté, pas surendetté. C'est exactement le profil auquel le regroupement répond.

Les conditions pour regrouper des crédits quand on est propriétaire

Quelles sont les conditions pour regrouper des crédits ? Il n'existe pas de barème réglementaire : chaque prêteur pose sa grille. 6 critères reviennent partout, et ils se vérifient avant de déposer quoi que ce soit.

  • Un revenu stable et justifiable. CDI hors période d'essai, fonctionnaire, retraité, ou indépendant avec 2 à 3 bilans. La nature du revenu compte plus que son montant : un retraité à 1 800 € passe là où un intérimaire à 2 400 € est refusé.
  • Un taux d'endettement après opération ramené sous 40 %, parfois 45 % quand le reste à vivre est confortable. C'est le taux après qui est examiné, jamais celui d'avant — sinon aucun dossier ne passerait.
  • Un reste à vivre suffisant, calculé par part : l'usage du marché retient de 750 à 900 € pour le premier adulte, 400 à 500 € pour le second et 250 à 350 € par enfant.
  • Pas d'inscription au FICP en cours pour un montage sans garantie. Avec hypothèque, quelques établissements spécialisés étudient encore, à un taux nettement supérieur.
  • Des comptes bancaires tenus sur les 3 derniers mois : un rejet de prélèvement récent pèse plus lourd qu'un encours élevé.
  • Un bien dont la valeur laisse une marge, si une garantie doit être prise. Les prêteurs financent jusqu'à 60 à 70 % de la valeur expertisée, inscriptions existantes déduites.

Être propriétaire allonge la durée à 180 mois, sans aucune hypothèque

Un propriétaire non hypothéqué obtient de meilleures conditions qu'un locataire au même profil, sans qu'aucune inscription ne soit prise. La raison est prudentielle : l'absence de loyer améliore mécaniquement le reste à vivre, et le patrimoine constitue une réserve théorique en cas de difficulté. C'est ce qui explique qu'un propriétaire décroche couramment 180 mois là où un locataire plafonne à 120.

Quand la garantie devient nécessaire, ce sont l'âge et les revenus exigés pour hypothéquer qui déterminent l'accès, pas seulement la valeur du bien : un dossier peut être refusé sur l'âge en fin de prêt alors que le patrimoine est largement suffisant.

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Le même dossier monté 2 fois : avec hypothèque et sans

C'est la comparaison que le lecteur cherche et qu'aucune page du marché ne fait. Nous reprenons le dossier ci-dessus et nous le montons de 3 façons, avec les mêmes hypothèses de taux relevées en août 2026.

MontageCe qui est reprisDuréeTauxNouvelle mensualitéEndettement
A — Sans garantieConso seule, 40 000 €120 mois7,50 %1 023 €33 %
B — Avec hypothèque, conso seuleConso seule, 40 000 €144 mois4,90 %1 023 €33 %
C — Avec hypothèque, tout reprisImmobilier + conso, 130 000 €240 mois4,90 %851 €27 %

Mensualités calculées en août 2026, hors assurance emprunteur. Montages A et B : le prêt immobilier à 1,20 % est conservé, sa mensualité de 655 € s'ajoute à celle du regroupement.

Le résultat surprend et il est pourtant arithmétique : le montage sans garantie et le montage hypothécaire aboutissent à la même mensualité sur ce dossier. L'hypothèque achète un taux plus bas, mais il faut allonger de 2 ans pour absorber ses frais. Elle ne devient réellement gagnante qu'en montage C, où l'on reprend aussi le prêt immobilier — et ce montage-là coûte 68 000 € de plus, on y revient.

L'hypothèque achète 3 choses : un montant, une durée, un accord

Elle n'achète ni de la rapidité ni de la simplicité. Elle achète 3 choses précises : un montant supérieur au plafond du sans-garantie, une durée qui peut atteindre 240 à 300 mois, et un accord là où le crédit sans garantie refuse. En dehors de ces 3 cas, elle ajoute des frais sans rien apporter. avec ou sans hypothèque : le seuil chiffré se situe autour de 130 000 € repris, et il descend à mesure que la durée s'allonge.

À partir de quel montant le prêteur exige une garantie sur le bien

Aucun texte ne l'impose : c'est une politique de risque, et elle s'écrit en pratique. Six paramètres déclenchent la demande de garantie, et ils se cumulent.

ParamètreSans garantie possibleGarantie devient probableGarantie exigée
Montant total repris< 60 000 €60 000 à 100 000 €> 100 000 €
Durée demandée≤ 120 mois120 à 180 mois> 180 mois
Part de trésorerie< 15 %15 à 30 %> 30 %
Endettement après opération< 38 %38 à 45 %> 45 %
Incidents sur 12 moisAucunUn ou 2 rejetsFichage ou impayés
Part immobilière reprise< 60 %≥ 60 %

Grille reconstituée en août 2026 à partir des politiques de risque de 7 établissements de regroupement. Aucun de ces seuils n'est réglementaire : ils se négocient.

Le repère à retenir tient en une phrase : en dessous de 100 000 € repris et de 180 mois, la garantie est évitable dans la majorité des dossiers. Au-delà, la question n'est plus de savoir si l'on veut une hypothèque mais de savoir ce qu'elle coûte.

Le cas particulier du bien déjà hypothéqué

Si votre prêt immobilier a été garanti par une hypothèque et non par une caution, le premier rang est occupé. Un nouveau prêteur doit alors accepter d'hypothéquer un bien qui porte déjà une inscription, position moins confortable qu'il facture par un taux majoré et une quotité réduite. À l'inverse, un prêt immobilier souscrit entre 2019 et 2021 est très souvent cautionné par un organisme, pas hypothéqué : le premier rang est libre, aucune mainlevée préalable n'est à financer, et le montage redevient simple.

Le coût total de l'allongement, affiché sans le cacher

Voici le tableau que 8 pages commerciales sur 8 évitent d'écrire. Baisser une mensualité en allongeant la durée a un prix, et ce prix est très supérieur à ce que les simulateurs laissent entendre. On le publie, parce qu'un lecteur qui découvre le chiffre 3 mois après la signature ne revient jamais.

MontageMensualitéBaisseIntérêts et frais restantsSurcoût
Ne rien faire1 575 €≈ 12 500 €0 €
A — Sans garantie, 120 mois1 023 €− 552 €≈ 25 140 €+ 12 640 €
B — Hypothèque, conso seule, 144 mois1 023 €− 552 €≈ 21 980 €+ 9 480 €
C — Hypothèque, tout repris, 240 mois851 €− 724 €≈ 81 080 €+ 68 580 €

Intérêts restants à courir jusqu'au terme, frais de dossier, commission d'intermédiaire, garantie et indemnités de remboursement anticipé compris. Calculs août 2026, hors assurance.

Le montage C divise la mensualité par près de 2 et coûte 68 580 € de plus. Ce n'est pas une raison pour l'écarter : quand la seule alternative est l'incident de paiement puis la déchéance du terme, 68 000 € étalés sur 20 ans achètent la conservation du logement. Mais cela doit être choisi en connaissance, pas découvert.

  1. Ne reprenez pas ce qui est déjà bon marché — c'est le levier numéro un. Laisser le prêt immobilier à 1,20 % en dehors du montage fait passer le surcoût de 68 580 € à 9 480 €, pour une mensualité quasi identique.
  2. Demandez la durée la plus courte que vos revenus supportent — sur 40 000 €, passer de 144 à 108 mois coûte 110 € de mensualité en plus et économise environ 3 900 € d'intérêts. Le courtier propose spontanément la durée longue : elle améliore le taux d'acceptation et sa commission.
  3. Prévoyez le remboursement anticipé dès la signature — sur un regroupement en régime consommation, aucune indemnité n'est due en dessous de 10 000 € remboursés par an (C. conso, art. L.312-34). En régime immobilier, l'indemnité est plafonnée au moindre de 6 mois d'intérêts ou 3 % du capital restant dû.
  4. Négociez la commission d'intermédiaire — elle n'est pas réglementée et varie de 1 à 5 % du montant repris. 2 points d'écart représentent 2 600 € sur un dossier à 130 000 €.
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L'étude affiche la mensualité et le surcoût sur la durée, pour chaque montage possible.
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La règle des 60 % : le seuil qui fait basculer l'opération en crédit immobilier

C'est l'information réglementaire la plus décisive de tout le sujet, et elle est absente du web commercial ou reproduite à l'envers. Un regroupement relève du régime du crédit à la consommation ou de celui du crédit immobilier selon la part que représentent les prêts immobiliers rachetés dans le capital total repris.

Les textes, mot pour mot

L'article L.314-11 du code de la consommation prévoit que, lorsque la part relative des crédits immobiliers rachetés dépasse un seuil fixé par décret, l'opération est soumise aux règles du crédit immobilier. Le décret est l'article R.314-18, et il fixe ce seuil à 60 %. Ces 2 textes sont issus de l'ordonnance n° 2016-351 du 25 mars 2016 et du décret n° 2016-884 du 29 juin 2016 — pas de la loi Lagarde de 2010, comme le répètent plusieurs comparateurs.

Une troisième règle écrase les 2 premières, et elle n'est écrite nulle part : l'article L.314-12 alinéa 2 soumet au régime du crédit immobilier toute opération de regroupement garantie par une hypothèque, quel que soit son objet. Autrement dit, un regroupement de crédits à la consommation pur, sans un euro d'immobilier repris, relève du crédit immobilier dès qu'une inscription est prise.

Le sens du seuil est inversé par la moitié du marchéPlusieurs sites présentent les 60 % comme une condition d'éligibilité — « il faut atteindre 60 % d'immobilier pour bénéficier du taux immobilier ». C'est faux. Ce n'est pas une condition, c'est un critère de qualification juridique : franchir le seuil ne donne aucun droit, il change le régime applicable, avec des conséquences favorables sur le taux et défavorables sur les délais et le plafond d'usure.

La réserve d'interprétation à 60,00 % exactement

La lecture littérale des textes — R.314-18 fixe le seuil, L.314-11 vise le cas où la part « dépasse » ce seuil — conduit à retenir le régime consommation pour une part strictement égale à 60,00 %. L'ANIL et le Cerclab écrivent pourtant « 60 % ou plus ». Nous publions la question ouverte plutôt qu'une affirmation : sur un dossier qui tombe exactement au seuil, faites trancher le point par le service juridique du prêteur avant de signer, l'écart de traitement est considérable.

L'effet que personne ne publie : franchir 60 % fait chuter le plafond d'usure

Basculer en régime immobilier est présenté partout comme une bonne nouvelle — taux plus bas, durée plus longue. C'est vrai sur le papier, et cela cache l'effet le plus lourd de la mécanique.

Chaque trimestre, la Banque de France publie des seuils de l'usure distincts par catégorie. Au relevé d'août 2026, un prêt à la consommation de plus de 6 000 € supporte un taux maximal de l'ordre de 8,5 %, quand un crédit immobilier à taux fixe plafonne entre 4 et 5,3 % selon la durée. Le même dossier peut donc être finançable en régime consommation et refusé en régime immobilier, parce qu'aucun prêteur ne peut légalement pratiquer le taux que le risque appelle.

Régime consommationRégime immobilier
Seuil d'usure applicable≈ 8,5 %≈ 4,0 à 5,3 %
Durée maximale usuelle180 mois300 mois
Délai de réflexionRétractation de 14 joursRéflexion de 10 jours
Offre préalableFiche d'information précontractuelleFISE, art. L.313-7
Délai total de mise en place3 à 5 semaines6 à 10 semaines
Dossier atypiqueFinançable à taux élevéSouvent refusé

Seuils de l'usure publiés trimestriellement par la Banque de France, relevé d'août 2026 : vérifiez le trimestre en cours. Code de la consommation, articles L.313-7 et L.313-34.

La conséquence pratique inverse le conseil habituel. Un propriétaire dont le dossier est tendu a intérêt à rester sous les 60 % de part immobilière, quitte à ne pas reprendre son prêt immobilier — non pas pour le taux, mais pour rester dans une catégorie d'usure qui autorise son financement. Le ratio se pilote : c'est le montant de trésorerie ajouté à l'opération qui, en gonflant la part non immobilière, fait redescendre le pourcentage sous le seuil.

La norme des 35 % du HCSF ne s'applique pas à un regroupement de crédits

« Vous êtes à 51 %, aucune banque ne peut vous financer, c'est la loi. » Cette phrase est fausse, et elle décourage chaque année des milliers de dossiers parfaitement finançables.

La norme des 35 % d'endettement et des 25 ans de durée maximale résulte de la décision n° D-HCSF-2021-7 du 29 septembre 2021 du Haut Conseil de stabilité financière. Cette décision définit son champ d'application, et elle en exclut expressément les opérations de rachat, de regroupement et de renégociation de crédits. Un propriétaire à 45 % d'endettement après opération n'est donc pas « hors des clous » : il est simplement en dehors du périmètre de la norme.

35 %la norme HCSF — qui ne vise pas les regroupements
40 à 45 %l'endettement admis en pratique après opération
D-HCSF-2021-7la décision du 29 septembre 2021

Ce que le prêteur applique à la place, c'est sa propre grille, et elle raisonne d'abord en reste à vivre : un couple à 45 % d'endettement avec 2 000 € qui restent chaque mois est un meilleur risque qu'un célibataire à 33 % avec 800 €. C'est pourquoi un refus fondé sur le seul taux d'endettement mérite d'être contesté, dossier de reste à vivre à l'appui.

Deux limites à connaître malgré tout. La marge de flexibilité que les banques utilisent sur leurs crédits immobiliers classiques ne concerne pas ces dossiers, et les établissements spécialisés dans le regroupement appliquent des grilles plus larges que les réseaux bancaires généralistes : c'est souvent la même demande, refusée d'un côté et acceptée de l'autre.

Faut-il racheter un prêt immobilier ? La réponse tient à un seul chiffre

C'est la question qui vaut le plus cher de toute la page, et le courtier moyen y répond « oui » par réflexe, parce que sa commission porte sur le montant repris. La bonne réponse dépend uniquement du taux de votre prêt immobilier actuel.

Un prêt immobilier souscrit entre 2016 et 2021 porte un taux de 0,9 à 1,6 %. Le racheter, c'est remplacer un actif exceptionnel par un crédit à 4,9 %. Aucune baisse de mensualité ne compense cet échange sur la durée.

Racheter un prêt immobilier : la démonstration à 9 taux

Taux du prêt immobilierLe reprendre dans le regroupementSurcoût sur la durée
0,90 %Non+ 62 000 € environ
1,20 %Non+ 59 100 €
1,50 %Non+ 55 800 €
2,00 %Non+ 49 900 €
2,50 %Non+ 43 600 €
3,00 %À examiner+ 36 900 €
3,50 %Oui si la durée reste courte+ 29 800 €
4,00 %Oui+ 22 300 €
4,50 %Oui+ 14 400 €

Écart de coût total entre conserver le prêt immobilier de 90 000 € jusqu'à son terme et le reprendre dans un regroupement à 4,90 % sur 240 mois. Calculs août 2026, hors assurance.

Le seuil est net : sous 3 %, on ne rachète pas un prêt immobilier, on le laisse vivre et on ne regroupe que la consommation. Cette seule décision fait la différence entre un surcoût de 9 480 € et un surcoût de 68 580 € sur le dossier type, pour une mensualité presque identique.

Le montage qui découle de tout ce qui précèdeSi votre prêt immobilier est cautionné — cas très fréquent entre 2019 et 2021 — le premier rang hypothécaire de votre bien est libre. On peut alors inscrire une hypothèque pour garantir le regroupement de la seule consommation, obtenir le régime et le tarif du crédit immobilier par l'article L.314-12 alinéa 2, et conserver intact le prêt à 1,20 %. La réserve, à valider auprès du prêteur avant d'en faire un plan : tous les établissements n'acceptent pas d'inscrire une hypothèque de premier rang pour un montant modeste.
Savoir si votre prêt immobilier doit rester en dehors du montage
Un taux, une durée restante, un capital : la réponse se calcule en 3 lignes.
Comparer les 2 montages

Le coût réel d'un regroupement, poste par poste : les 6 lignes de la facture

Les comparateurs annoncent un taux. La facture réelle comporte 6 lignes, dont 4 ne sont jamais additionnées. Voici le détail sur les 2 montages du dossier type.

PosteSans garantie (40 000 €)Avec hypothèque (40 000 €)Nature
Frais de dossier du prêteur0 à 600 €400 à 900 €Négociable
Commission d'intermédiaire1 200 €1 200 €1 à 5 %, non réglementée
Expertise du bien0 €250 à 400 €Exigée au-delà de 100 000 €
Frais de garantie notariée0 €≈ 820 €Tarif réglementé + taxes
Indemnités de remboursement anticipé0 €0 à 540 €Plafonnées par la loi
Mainlevée future0 €450 à 700 €Forfait, à la sortie
Total≈ 1 500 €≈ 3 570 €

Frais de garantie calculés sur une somme garantie de 44 000 €, tarif réglementé des notaires, taxe de publicité foncière de 0,715 % (CGI art. 844) et contribution de sécurité immobilière de 0,05 % (CGI art. 881 H à 881 M), août 2026.

2 lignes méritent une attention particulière. Les indemnités de remboursement anticipé de votre prêt immobilier sont plafonnées au moindre de 6 mois d'intérêts au taux moyen du prêt ou 3 % du capital restant dû (C. conso, art. L.313-47 et R.313-25). Sur un prêt à 1,20 %, cela fait 540 € et non 2 700 € : beaucoup de lecteurs renoncent à une opération sur la foi du chiffre de 3 %, qui ne s'applique jamais aux prêts récents à taux bas. Sur la partie consommation, aucune indemnité n'est due en dessous de 10 000 € remboursés sur 12 mois (art. L.312-34).

Chaque euro de la ligne notariale porte son article de tarif, et le coût de la garantie, taxe de publicité foncière comprise pèse à lui seul les trois quarts de l'addition. La sortie se chiffre à part : le forfait de mainlevée le jour de la sortie est un émolument forfaitaire, pas un pourcentage du capital, contrairement à ce que publie la majorité du marché.

La ligne que la loi interdit : aucune somme avant le déblocage

Aucun intermédiaire ne peut percevoir de vous une somme, sous quelque forme que ce soit, avant le versement effectif des fonds — article L.519-6 du code monétaire et financier. Des frais d'étude, de constitution de dossier ou de « recherche de financement » demandés en amont sont illégaux, sans exception. C'est le test le plus rapide pour écarter un interlocuteur.

Les profils acceptés : fonctionnaire, retraité, indépendant, propriétaire fiché

Le regroupement est un marché de spécialistes, et leurs grilles n'ont rien à voir avec celles d'une agence bancaire. Voici ce qui passe réellement, profil par profil.

ProfilSans garantieAvec hypothèquePoint d'attention
Salarié en CDIOuiOuiPériode d'essai terminée
FonctionnaireOui, conditions élargiesOuiDurées et taux plus favorables, y compris via des organismes dédiés
RetraitéOui jusqu'à 80-85 ans en fin de prêtOui jusqu'à 90-95 ansL'assurance emprunteur devient le poste limitant
Indépendant, gérantDeux à 3 bilans exigésOuiUn exercice déficitaire bloque le montage sans garantie
Propriétaire fiché FICPNonÉtudié par quelques prêteursTaux nettement majoré, garantie systématique
Interdiction bancaire (FCC)NonRareRégulariser le chèque avant toute demande
Dossier de surendettement en coursNonNonUne hypothèque prise après la recevabilité est sans effet

Grille reconstituée en août 2026 à partir des politiques d'acceptation d'établissements spécialisés dans le regroupement de crédits.

La dernière ligne mérite d'être lue 2 fois, parce que 2 courtiers de la place communiquent encore sur un crédit « même en procédure de surendettement ». Une fois la recevabilité prononcée, les voies d'exécution et les inscriptions de sûretés sont suspendues : une hypothèque prise à ce stade n'a aucune valeur pour le prêteur, et aucun établissement sérieux ne débloquera de fonds. L'ordre n'est pas réversible : on instruit le refinancement d'abord, et l'on ne saisit la commission qu'ensuite, lorsque quand la commission de surendettement devient la bonne voie devient la seule issue.

Le propriétaire fiché FICP : ce qui reste ouvert

Un fichage au FICP n'interdit pas d'emprunter, il rend le crédit sans garantie inaccessible. Restent 3 pistes, dans cet ordre : un regroupement adossé au bien chez un établissement spécialisé, à un taux supérieur de 2 à 4 points ; la régularisation de l'incident qui a déclenché l'inscription, qui fait tomber le fichage sous quelques semaines ; et, si l'endettement est structurellement insoutenable, la commission de surendettement, qui est gratuite.

Les pièces à fournir et le calendrier, semaine par semaine

Comment se passe un regroupement de crédits, concrètement ? En 6 étapes, dont 3 dépendent de vous et 3 du prêteur. Le dossier complet dès le premier envoi fait gagner 2 à 3 semaines.

  1. Semaine 1 — l'étude et la faisabilité — vous transmettez revenus, charges et encours. Le retour de principe tombe sous 48 h ouvrées. C'est à ce stade que se décide le montage : avec ou sans garantie, prêt immobilier repris ou conservé.
  2. Semaines 1 à 2 — la constitution du dossier — pièce d'identité, justificatif de domicile, livret de famille, 3 derniers bulletins de salaire ou 2 bilans, dernier avis d'imposition, 3 derniers relevés de tous les comptes, tableaux d'amortissement de chaque crédit, taxe foncière et titre de propriété.
  3. Semaines 2 à 4 — l'instruction et l'accord de principe — le prêteur vérifie, interroge le FICP, et demande une expertise du bien si une garantie est envisagée. Un rejet de prélèvement survenu pendant cette phase peut tout arrêter : ne laissez aucun compte en incident.
  4. Semaine 4 — l'offre de prêt et le délai légal — en régime consommation, l'offre ouvre un droit de rétractation de 14 jours. En régime immobilier, un délai de réflexion de 10 jours s'impose avant toute acceptation (C. conso, art. L.313-34) : l'offre ne peut pas être signée avant le onzième jour.
  5. Semaines 5 à 8 — l'acte notarié, si une garantie est prise — rendez-vous chez le notaire, signature de l'acte d'affectation hypothécaire, puis publication au service de la publicité foncière. Cette seule étape ajoute 2 à 4 semaines au calendrier.
  6. Semaines 5 à 10 — le déblocage et le solde des anciens crédits — le prêteur rembourse directement vos créanciers, vous n'avancez rien. La nouvelle mensualité démarre le mois suivant. Vérifiez la clôture effective de chaque crédit renouvelable : un contrat soldé mais non résilié se réactive.

Comptez 3 à 5 semaines sans garantie et 6 à 10 semaines avec hypothèque. Ce delta de calendrier fait partie de l'arbitrage : quand une échéance fiscale ou un commandement de payer court, la solution la plus rapide vaut parfois mieux que la moins chère.

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Les pièges à éviter lors d'un rachat de crédit

Google pose la question et aucune page de la première position ne la traite en titre. Voici les 7 pièges que nous voyons se répéter, du plus coûteux au plus sournois.

  • L'allongement de durée non chiffré. Une mensualité divisée par 2 sur une durée doublée coûte parfois 3 fois plus cher au total. Exigez le coût total du crédit, pas seulement le TAEG et la mensualité.
  • Le rachat d'un prêt immobilier à taux bas. Le piège le plus coûteux de tous : 59 100 € de surcoût sur notre dossier type pour un prêt à 1,20 %.
  • La trésorerie « offerte » dans le montage. Ajouter 15 000 € de trésorerie parce qu'ils sont proposés, c'est emprunter à 4,9 % sur 20 ans une somme dont on n'a pas l'usage. La trésorerie ne se justifie que face à une dépense identifiée.
  • Les frais demandés avant le déblocage, interdits par l'article L.519-6 du code monétaire et financier. Aucune exception, aucun « frais d'ouverture de dossier » légitime.
  • L'assurance emprunteur imposée. Elle représente souvent 15 à 25 % du coût total et n'est presque jamais comparée. La délégation est un droit.
  • Les crédits renouvelables soldés mais non résiliés. Ils se réactivent, et l'endettement remonte en 18 mois au niveau d'avant l'opération. C'est la première cause de second regroupement.
  • Le mandat signé sans lire la clause de commission. Elle porte souvent sur le montant total repris, prêt immobilier compris — d'où l'insistance à le reprendre.
Est-il intéressant de faire un regroupement de crédits ?Oui, à une condition : que la baisse de mensualité serve à quelque chose de précis — reconstituer un reste à vivre, absorber une baisse de revenus, financer un projet moins cher que le crédit qu'il remplace. Un regroupement qui sert uniquement à respirer sans rien changer aux habitudes de consommation se solde, dans la majorité des cas que nous voyons, par un second regroupement 2 ans plus tard, à des conditions dégradées.

Les 4 cas où le regroupement de crédits n'est pas la bonne solution

Une page de conversion honnête doit dire où sa solution s'arrête. Dans 4 situations, un regroupement aggrave la position au lieu de l'améliorer.

  1. Quand l'endettement dépasse 55 % sans capacité de remboursement — aucun allongement ne ramène la mensualité à un niveau soutenable. Poursuivre les demandes de crédit ne fait qu'accumuler des refus et des consultations FICP. La commission de surendettement est la bonne voie, elle est gratuite, et sa recevabilité suspend les poursuites en cours.
  2. Quand le besoin est ponctuel et inférieur à 2 ans — le délai de grâce de l'article 1343-5 du code civil permet au juge de reporter ou d'échelonner le paiement dans la limite de 2 années, éventuellement à taux réduit. Il ne coûte rien et n'engage pas le bien.
  3. Quand le montant à mobiliser est inférieur à 20 000 € — les frais fixes représentent alors plus de 8 % de la somme obtenue. le prêt personnel comparé au crédit hypothécaire est presque toujours plus économique, plus rapide, et il conserve les 14 jours de rétractation.
  4. Quand l'objectif est d'obtenir de la trésorerie, pas de baisser une mensualité — le montage à instruire n'est pas le même. un crédit hypothécaire adossé à la valeur du bien verse un capital sans toucher aux crédits en cours, et il se compare à d'autres solutions sur son propre terrain.

Notre position sur ce site est constante, et elle nous coûte des dossiers : quand une solution gratuite ou moins chère produit le même résultat, elle est écrite en premier. Le regroupement n'est proposé que lorsqu'il apporte ce qu'aucune autre solution n'apporte — une mensualité durablement soutenable sans céder le logement.

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Commission de surendettement, délai de grâce, renégociation : instruits avant tout crédit.
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Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour regrouper des crédits ?
Un revenu stable et justifiable, un taux d'endettement ramené sous 40 % après opération, un reste à vivre suffisant — de 750 à 900 € pour le premier adulte selon l'usage du marché — des comptes tenus sur 3 mois et l'absence d'inscription au FICP pour un montage sans garantie. Être propriétaire élargit la durée accessible : 180 mois couramment, contre 120 pour un locataire au même profil. Aucun de ces seuils n'est réglementaire, ils se négocient.
Peut-on regrouper ses crédits sans hypothéquer sa maison ?
Oui, et c'est le cas le plus fréquent. En dessous de 100 000 € repris et de 180 mois de durée, la garantie est évitable dans la majorité des dossiers : ni notaire, ni expertise, ni mainlevée à payer un jour. Elle devient probable au-delà, ou lorsque le taux d'endettement après opération dépasse 45 %, ou lorsque la part de trésorerie demandée excède 30 % du montant.
Faut-il inclure son prêt immobilier dans le regroupement ?
Uniquement si son taux dépasse 3 %. En dessous, le reprendre revient à échanger un actif exceptionnel contre un crédit à près de 5 % : sur notre dossier type, racheter un prêt immobilier à 1,20 % coûte 59 100 € de plus sur la durée, pour une mensualité presque identique à celle obtenue en ne regroupant que la consommation.
Le taux d'endettement de 35 % s'applique-t-il à un regroupement de crédits ?
Non. La décision n° D-HCSF-2021-7 du 29 septembre 2021, qui fixe la norme des 35 % et des 25 ans, exclut expressément de son champ les opérations de rachat, de regroupement et de renégociation. Un propriétaire à 45 % d'endettement après opération n'est pas hors des clous. Le prêteur applique sa propre grille, fondée d'abord sur le reste à vivre.
Combien de temps prend un regroupement de crédits ?
Trois à 5 semaines sans garantie, 6 à 10 semaines avec hypothèque — l'acte notarié et sa publication au service de la publicité foncière ajoutent 2 à 4 semaines. En régime immobilier s'ajoute un délai de réflexion incompressible de 10 jours avant l'acceptation de l'offre (C. conso, art. L.313-34).
Un courtier peut-il demander des frais avant le déblocage des fonds ?
Non, jamais, sous aucune appellation. L'article L.519-6 du code monétaire et financier interdit à tout intermédiaire de percevoir une somme, sous quelque forme que ce soit, avant le versement effectif des fonds prêtés. Des frais d'étude ou de constitution de dossier réclamés en amont sont illégaux : c'est le test le plus rapide pour écarter un interlocuteur.
Si votre situation est différente
Note de la rédaction

Cette page est mise à jour dès qu'un barème, un taux ou un texte change. Les montants publiés portent leur source et leur date à l'endroit exact où ils apparaissent.

Nous ne prêtons pas et ne percevons aucune somme de nos lecteurs. Quand une solution moins chère existe, elle est écrite en premier, même si elle ne nous rapporte rien.

Une erreur ? Signalez-la : elle sera corrigée et la correction sera datée.

Nos sources
  • Code de la consommation, articles L.314-10 à L.314-14 et R.314-18 à R.314-21 (regroupement de crédits, seuil de 60 % de part immobilière, régime applicable), issus de l'ordonnance n° 2016-351 du 25 mars 2016 et du décret n° 2016-884 du 29 juin 2016.
  • Code de la consommation, article L.313-7 (fiche d'information standardisée européenne) et article L.313-34 (délai de réflexion de 10 jours en crédit immobilier).
  • Code de la consommation, articles L.313-47 et R.313-25 (indemnités de remboursement anticipé en crédit immobilier) et article L.312-34 (exonération en dessous de 10 000 € par an).
  • Haut Conseil de stabilité financière, décision n° D-HCSF-2021-7 du 29 septembre 2021 et sa foire aux questions publiée sur economie.gouv.fr : exclusion des rachats, regroupements et renégociations du champ de la norme des 35 %.
  • Banque de France, seuils de l'usure publiés chaque trimestre par catégorie de prêt.
  • Code général des impôts, article 844 (taxe de publicité foncière) et articles 881 H à 881 M (contribution de sécurité immobilière).
  • Code monétaire et financier, article L.519-6 (interdiction de percevoir une somme avant le déblocage effectif des fonds).
  • Code civil, article 1343-5 (délai de grâce judiciaire, report ou échelonnement dans la limite de 2 années).
HM
La rédaction de hypothéquer-sa-maison.fr

Ce guide est écrit et vérifié par l'équipe éditoriale du site. Son expérience ne vient pas de la documentation : elle vient de la conduite d'un cabinet de courtage en regroupement de crédits, de 2016 à 2024 — des dossiers de propriétaires montés, défendus devant les établissements, acceptés ou refusés.

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