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Une femme ouvre la porte de sa maison, bien libéré de toute inscription : lever une hypothèque
Lever une hypothèque

Votre créancier peut-il renouveler l'inscription hypothécaire, et jusqu'à quand ?

Un créancier impayé peut faire renouveler son inscription avant qu'elle ne se périme, et conserver son rang d'origine. Il le fait seul, sans vous prévenir. C'est l'information qui manque à toutes les pages consacrées à la mainlevée : celui qui « attend l'année » peut voir la date repoussée sans jamais en être informé.

Vérifié le 16 août 2026·7 min de lecture ·Solution Hypothèque
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Le principe : renouveler avant la péremption pour conserver le rang

Une inscription hypothécaire n'est jamais perpétuelle. Elle porte une date extrême d'effet, au-delà de laquelle elle cesse de produire effet et se trouve radiée d'office.

Le renouvellement est la formalité qui déplace cette date avant qu'elle ne tombe, et il n'a rien à voir avec la démarche inverse — lever une hypothèque et la faire radier — qui, elle, fait disparaître la garantie.

Ce que le créancier protège en renouvelant n'est pas seulement sa garantie, c'est son rang. Une inscription publiée en 2009 et renouvelée en 2029 reste première ; la même inscription périmée puis reprise en 2030 passerait derrière toutes celles publiées entre-temps. C'est la raison pour laquelle les prêteurs surveillent ces échéances de près.

Pour vous, propriétaire, la conséquence est simple et rarement écrite : le renouvellement est le seul événement qui remet le compteur en marche. Toutes les stratégies fondées sur l'attente de la péremption supposent qu'il n'ait pas eu lieu.

20 ans ou 10 ans ? Le tableau des durées de renouvellement par type d'hypothèque

C'est la contradiction visible en page 1 de Google. Un acteur commercial annonce un renouvellement possible pour 20 ans. La doctrine fiscale et une revue professionnelle écrivent « sans que le délai excède 10 années du jour de la formalité ». Les deux sont exacts, et voici pourquoi : ils ne parlent pas de la même hypothèque.

Type d'hypothèqueDurée du renouvellementCe qui explique le chiffre
Conventionnelle garantissant un prêt en coursJusqu'à 20 ansLa nouvelle date extrême d'effet reste calée sur les échéances restantes, dans la limite du plafond légal des inscriptions
Créance déjà échue au jour de la formalité10 ans maximumLa durée d'inscription est plafonnée à 10 ans quand la créance est antérieure ou concomitante — cas des créanciers publics
Légale du Trésor et assimilées10 ans maximumMême régime : la créance fiscale est exigible avant l'inscription
Judiciaire, publicité provisoire3 ans, renouvelableLa mesure conservatoire obéit au code des procédures civiles d'exécution, pas au régime général
Plafond absolu, toutes hypothèques50 ansAucune inscription ne peut produire effet au-delà, renouvellements compris

Recoupé sur la doctrine fiscale BOI-REC-GAR-10-20-10-30, sur le chapitre des hypothèques du code civil issu de l'ordonnance n° 2021-1192 du 15 septembre 2021, et sur le code des procédures civiles d'exécution, articles R.532-1 et suivants.

Une hypothèque légale, et pourquoi le chiffre de 10 ans revient partout

Un créancier public inscrit sur une dette déjà exigible : l'impôt était dû avant la formalité. Ce cas relève de la durée plafonnée à 10 ans, et il explique à lui seul la moitié des chiffres contradictoires du sujet. l'hypothèque légale du Trésor, prise sans votre accord en est l'exemple le plus courant.

Le détail complet des durées se vérifient une par une, et combien de temps dure une hypothèque ne coïncident presque jamais entre le conventionnel, le judiciaire et le Trésor.

La date limite : le dernier jour de validité, sans report au jour ouvrable

C'est la règle la plus dure du sujet, et celle qui fait perdre des garanties entières. Le renouvellement doit être requis au plus tard le dernier jour de validité de l'inscription initiale. Le report au premier jour ouvrable suivant, admis en procédure civile lorsque le délai expire un samedi ou un jour férié, ne joue pas ici.

Un créancier qui dépose son bordereau le lendemain ne renouvelle rien : il prend une inscription nouvelle, avec un rang nouveau. Sur un bien déjà grevé, cela revient souvent à perdre toute chance d'être payé.

La conséquence du côté de l'emprunteurSi vous comptiez sur la péremption pour éviter une mainlevée à 450-700 €, votre calcul repose sur une date que le créancier peut déplacer jusqu'à la dernière minute, sans aucune notification. Un état hypothécaire demandé 6 mois avant la date prévue peut donc être périmé le jour où vous signez. Sur un dossier tendu, redemandez-le à quelques semaines de l'échéance.
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La forme : le bordereau n° 3267-R-SD déposé au service de la publicité foncière

Le renouvellement n'est pas un acte notarié : c'est une formalité. Elle se requiert au moyen d'un bordereau officiel, le n° 3267-R-SD, publié par la direction générale des finances publiques et déposé au service de la publicité foncière du lieu de situation de l'immeuble.

  1. Le créancier remplit le bordereau de renouvellement — le document reprend la référence de l'inscription initiale, l'identité des parties, la désignation cadastrale du bien, le montant garanti et la nouvelle date extrême d'effet demandée. Il s'imprime recto-verso, la formalité étant rejetée en cas de non-conformité.
  2. Il le dépose avant l'expiration de l'inscription — le dépôt se fait auprès du service de la publicité foncière compétent, en pratique de plus en plus par voie électronique via le dispositif de télétransmission des actes.
  3. Le service publie et conserve le rang d'origine — l'inscription renouvelée porte la nouvelle date, mais garde le rang de la formalité initiale. C'est tout l'intérêt de l'opération.

Inscription hypothécaire et notaire : qui dépose réellement le bordereau

Aucune démarche ne vous incombe : ni bordereau à remplir, ni délai à respecter, ni signature à donner. Le notaire intervient à la constitution de l'hypothèque, pas à son renouvellement, qui est une simple formalité entre le créancier et l'administration. Elle apparaît ensuite sur l'état hypothécaire qui porte la date à jour.

Le coût d'un renouvellement d'inscription : ce qui est établi, ce qui ne l'est pas

Aucun des 8 résultats de la première page n'annonce de montant. Nous n'en inventerons pas un : voici ce qui est établi, et ce qui ne l'est pas.

  • Ce qui est établi — la taxe de publicité foncière frappe l'acte qui constitue l'hypothèque, au taux de 0,715 % (CGI, article 844). Un renouvellement ne constitue aucune garantie nouvelle : il prolonge une inscription existante. Cette taxe n'a donc pas lieu d'être acquittée une seconde fois.
  • Ce qui est établi — la contribution de sécurité immobilière est due sur les formalités publiées au fichier immobilier, au taux de 0,05 % des sommes garanties (CGI, articles 881 H à 881 M).
  • Ce qui n'est pas établi publiquement — le montant forfaitaire exact réclamé pour la formalité de renouvellement, qui dépend du service saisi et du mode de dépôt. Le service de la publicité foncière compétent le confirme sur simple demande.
  • Ce qui vous concerne directement — dans l'immense majorité des cas, ce coût n'est pas le vôtre. Le renouvellement est requis par le créancier, dans son intérêt, et il en supporte la formalité.

Comparez avec la dépense qui, elle, vous incombe : le coût d'un acte de mainlevée anticipée se situe entre 450 et 700 €. C'est le seul chiffre de ce sujet qui sorte de votre poche, et c'est celui qu'il faut arbitrer.

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Une banque peut-elle renouveler une hypothèque sans me prévenir ?

Oui. C'est la réponse courte, et elle surprend systématiquement. Le renouvellement est une formalité de publicité foncière : elle se déroule entre le créancier et l'administration, et aucun texte n'impose de vous en informer.

Le fichier immobilier étant public, l'information n'est pas cachée pour autant. La différence est de taille pour un propriétaire : il faut aller la chercher, elle ne vient pas à vous.

Peut-on s'opposer au renouvellement de l'inscription ?

Non, tant que la créance existe et qu'elle n'est pas payée. Le créancier exerce un droit. Ce que vous pouvez faire, en revanche, c'est éteindre la cause : rembourser la dette, puis demander la mainlevée. Ou, lorsque l'inscription est judiciaire et que les conditions de la mesure ne sont pas réunies, contester une inscription judiciaire devant le juge.

Vous pouvez aussi vendre : un renouvellement ne bloque pas une vente, il ajoute simplement une ligne au décompte du notaire. Le mécanisme est identique à celui de vendre avec une inscription encore publiée.

Le renouvellement de l'hypothèque judiciaire provisoire : 3 ans, puis conversion

Recherche associée proposée par Google, et absente de tous les titres de la page 1. Le régime est différent parce que la mesure est conservatoire : elle protège un créancier qui n'a pas encore de titre exécutoire.

La publicité provisoire d'une sûreté judiciaire est valable 3 ans et peut être renouvelée. Mais elle est enfermée dans un second calendrier, plus contraignant : le créancier doit engager la procédure au fond dans le mois qui suit la mesure, puis requérir la publicité définitive dans les 2 mois du titre exécutoire obtenu. Un délai manqué rend la mesure caduque, et le renouvellement ne rattrape pas cette caducité.

Pour un propriétaire dont le bien est grevé par un créancier contestant, c'est la fenêtre la plus utile : elle permet souvent de faire tomber l'inscription sans discuter le fond de la dette.

Si personne ne renouvelle : la créance survit, la garantie tombe

La distinction est la seule qui intéresse vraiment un particulier. Une inscription non renouvelée se périme. Ce qui disparaît alors, ce n'est pas la dette, c'est la sûreté.

0 €à payer pour une inscription périmée
Rang perdudéfinitivement, sans rattrapage
Créance intactele créancier reste créancier

Le créancier perd 3 choses : son droit d'être payé avant les autres sur le prix, son droit de suivre le bien s'il est vendu, et son rang. Il conserve le droit de vous réclamer la somme et de poursuivre le recouvrement par les voies ordinaires.

Pour vous, l'effet est donc partiel mais réel : votre maison n'est plus exposée à ce créancier-là, et un nouveau prêteur retrouve un rang libre. C'est précisément ce que le renouvellement empêche, et c'est pourquoi il mérite d'être vérifié avant tout projet.

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Questions fréquentes

Une banque peut-elle renouveler une hypothèque sans me prévenir ?
Oui. Le renouvellement est une formalité de publicité foncière requise par le seul créancier, et aucun texte ne lui impose de vous en informer. L'information n'est pas secrète pour autant : le fichier immobilier est public et l'état hypothécaire du bien porte la date extrême d'effet à jour. C'est à vous d'aller la chercher, pour 12 à 30 €, avant de fonder un projet sur une péremption attendue.
Quand le renouvellement doit-il être requis ?
Au plus tard le dernier jour de validité de l'inscription initiale. Le report au premier jour ouvrable suivant, admis ailleurs en procédure civile, ne s'applique pas à cette formalité. Un créancier en retard d'un jour ne renouvelle pas : il prend une inscription nouvelle, avec un rang nouveau, derrière toutes celles publiées entre-temps.
Le renouvellement coûte-t-il quelque chose à l'emprunteur ?
Non dans la quasi-totalité des cas : la formalité est requise par le créancier, dans son propre intérêt, et il en supporte le coût. La taxe de publicité foncière frappe l'acte constitutif de l'hypothèque, pas la formalité qui prolonge une inscription existante. La dépense qui vous concerne, elle, est la mainlevée anticipée, entre 450 et 700 €.
Puis-je vendre mon bien si l'inscription vient d'être renouvelée ?
Oui. Un renouvellement ne bloque aucune vente : il ajoute une ligne au décompte du notaire, qui règle la mainlevée sur le prix le jour de la signature. La seule différence avec une inscription périmée est financière : 450 à 700 € prélevés sur le prix, au lieu de zéro.
Note de la rédaction

Le renouvellement se requiert au plus tard le dernier jour de validité, sans le report au premier jour ouvrable admis ailleurs en procédure civile. Un créancier en retard d'un jour ne renouvelle rien : il reprend rang derrière tout ce qui a été publié entre-temps.

Pour le propriétaire, la conséquence est pratique. Attendre la péremption pour éviter une mainlevée à 450-700 €, c'est parier sur une date que le créancier peut déplacer sans notification, au moyen du bordereau 3267-R-SD.

Si votre question porte sur un autre moment
Nos sources
  • Code civil, articles 2385 à 2474 (chapitre des hypothèques), rédaction issue de l'ordonnance n° 2021-1192 du 15 septembre 2021 portant réforme du droit des sûretés, en vigueur au 1er janvier 2022.
  • Bulletin officiel des finances publiques, BOI-REC-GAR-10-20-10-30 : modalités d'inscription, durées applicables et renouvellement selon la nature de la créance garantie.
  • Direction générale des finances publiques — bordereau n° 3267-R-SD, formulaire officiel de renouvellement d'une inscription, à déposer au service de la publicité foncière.
  • Code général des impôts, article 844 (taxe de publicité foncière) et articles 881 H à 881 M (contribution de sécurité immobilière).
  • Code des procédures civiles d'exécution, articles R.532-1 et suivants (publicité provisoire et définitive des sûretés judiciaires, délais de caducité).
  • Décret n° 55-22 du 4 janvier 1955 portant réforme de la publicité foncière.
  • Service-public : peut-on faire lever une hypothèque ? — fiche officielle de l'administration française.
  • Service-public : l’hypothèque légale spéciale du prêteur de deniers — fiche officielle de l'administration française.
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Solution Hypothèque — Ayoub El Amrani, pour l'équipe éditoriale du site.
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