Vérifié le 16 août 2026 · nos règles de vérification
Le FICP, le fichier que la Banque de France tient et que chaque prêteur doit consulter
Une lettre recommandée annonce une inscription, un crédit est refusé sans explication, et 4 lettres apparaissent : FICP. Elles désignent le fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers, tenu par la Banque de France. Il concentre à lui seul l'essentiel des inquiétudes de quelqu'un qui vient d'ouvrir une procédure de surendettement ou d'accumuler 2 échéances impayées. Cette page dit ce qu'il contient, combien de temps il vous suit, et ce qu'il n'interdit pas.
La définition du FICP tient en une phrase
Le fichier recense 2 catégories d'informations, et 2 seulement : les incidents de paiement caractérisés survenus sur un crédit accordé à un particulier, et les mesures de traitement d'une situation de surendettement. Il ne contient ni votre solde bancaire, ni la valeur de votre patrimoine, ni vos revenus, ni la liste complète de vos crédits en cours (code de la consommation, articles L.751-1 et suivants).
Qui alimente le fichier, qui le consulte, et qui n'y a jamais accès
L'inscription est déclarée par l'établissement de crédit qui subit l'impayé, ou par la commission de surendettement lorsqu'un dossier est déposé. La consultation est obligatoire pour tout établissement avant d'accorder un crédit à un particulier et avant de reconduire un crédit renouvelable.
En sens inverse, le FICP n'est accessible ni à un propriétaire bailleur, ni à un employeur, ni à un assureur, ni à un opérateur téléphonique. C'est une crainte très répandue et elle est infondée : un fichage ne se voit pas dans un dossier de location, et il n'apparaît sur aucun document remis à un tiers.
Les 5 durées d'inscription au FICP, situation par situation
« Le FICP dure 5 ans » est l'affirmation la plus recopiée du web, et elle est fausse dans 3 cas sur 5. La durée dépend entièrement de l'événement qui a déclenché l'inscription. Voici le tableau complet, avec la date à partir de laquelle chaque compteur démarre — c'est ce point de départ, plus que la durée elle-même, qui trompe le plus de monde.
| Situation à l'origine de l'inscription | Durée maximale | Point de départ du délai | Radiation avant le terme |
|---|---|---|---|
| Incident de paiement caractérisé sur un crédit | 5 ans | La déclaration de l'incident par le prêteur | Oui, dès le paiement intégral déclaré par le créancier |
| Plan conventionnel de redressement | 7 ans | La date d'exécution du plan | Oui, à 5 ans si aucun incident n'est survenu pendant ces 5 années |
| Mesures imposées par la commission | 7 ans | La date d'exécution des mesures | Oui, à 5 ans dans les mêmes conditions que le plan |
| Rétablissement personnel sans liquidation | 5 ans | La décision d'effacement des dettes | Non : la durée est fixe |
| Rétablissement personnel avec liquidation judiciaire | 5 ans | La clôture de la procédure de liquidation | Non : la durée est fixe |
Code de la consommation, articles L.751-1 et suivants, et arrêté du 26 octobre 2010 relatif au fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers, dans sa rédaction en vigueur en août 2026. La durée d'un plan et celle des mesures imposées sont elles-mêmes plafonnées à 7 ans par l'article L.732-3.
Les 7 ans d'un plan se transforment presque toujours en 5 ans
La ligne la plus mal comprise du tableau est la deuxième. Le fichage suit la durée d'exécution du plan, dans la limite de 7 ans — mais la radiation intervient au bout de 5 ans dès lors qu'aucun incident n'est survenu au cours de ces 5 premières années. Un plan de 7 ans respecté sans faute donne donc un fichage de 5 ans, pas de 7. Le détail des durées, des révisions et des sorties anticipées tient dans la durée d'exécution d'un plan de surendettement.
Le rétablissement personnel avec liquidation démarre à la clôture, pas au jugement
Sur la dernière ligne, le compteur ne part ni du dépôt, ni de la décision : il part de la clôture de la procédure de liquidation judiciaire. Comme la vente d'un bien prend du temps, l'écart entre le jugement et le début du délai peut atteindre plusieurs mois. l'effacement des dettes prononcé en rétablissement personnel et ses effets dette par dette expliquent ce décalage.
Un même dossier peut porter plusieurs inscriptions en même temps
Rien n'interdit qu'un incident de paiement déclaré par une banque coexiste avec une inscription au titre du surendettement. C'est la date de fin la plus lointaine qui commande : tant qu'une seule ligne subsiste, vous restez inscrit. Une régularisation partielle qui efface une ligne sur 3 ne change donc rien à votre situation vis-à-vis des prêteurs.
Les 4 seuils qui déclenchent une inscription pour incident de paiement
Un retard ne suffit pas. L'inscription au FICP suppose un incident de paiement caractérisé, notion définie par un texte et non laissée à l'appréciation de votre conseiller. 4 situations la caractérisent, et en dehors d'elles, une banque n'a pas le droit de vous inscrire.
- 2 échéances consécutives impayées sur un crédit remboursable par mensualités. C'est le seuil le plus fréquent, et il explique pourquoi le deuxième prélèvement rejeté est bien plus grave que le premier.
- Un retard de plus de 60 jours sur un crédit dont les échéances ne sont pas mensuelles, ou un montant impayé équivalent à une échéance sur un crédit à échéances trimestrielles.
- Un découvert d'au moins 500 € non régularisé dans les 60 jours qui suivent une mise en demeure de la banque. En dessous de 500 €, le seuil n'est pas atteint.
- La déchéance du terme prononcée par le prêteur, ou l'engagement d'une procédure judiciaire de recouvrement : l'inscription est alors immédiate, quel que soit le montant.
Le prêteur doit vous avertir par écrit et vous laisser 30 jours
C'est le droit le plus utile de toute cette page, et le plus ignoré. Avant de déclarer un incident à la Banque de France, l'établissement doit vous informer par écrit de l'inscription qu'il s'apprête à demander, et vous laisser un délai de 30 jours pour régulariser. Si vous payez dans ce délai, l'inscription n'a pas lieu du tout.
Ce courrier ressemble à une relance de plus et finit souvent au fond d'une pile. Il vaut pourtant 5 ans de fichage. La règle pratique tient en une phrase : un recommandé envoyé par un organisme de crédit s'ouvre le jour même, et les 30 jours se comptent à partir de sa réception.
Une inscription pour un impayé de 40 € est possible, et elle a le même effet
Le fichier ne pondère rien. Le FICP ne mentionne pas le montant de l'incident : un établissement qui consulte voit une inscription, sa date et son motif, pas la somme en jeu. Un impayé de 40 € sur un crédit renouvelable produit donc exactement le même signal qu'un défaut de 12 000 €, ce qui est déraisonnable mais parfaitement légal.
L'inscription au FICP part du dépôt du dossier, pas de la décision de recevabilité
Voici l'erreur qui coûte le plus cher au lecteur, et elle circule sur la moitié des pages marchandes. Beaucoup écrivent que le fichage démarre à la recevabilité, ce qui laisserait 1 à 3 mois pour monter un dossier de crédit « avant que ça ne se voie ». C'est faux : le dépôt du dossier entraîne à lui seul l'inscription, avant tout examen.
La conséquence pratique se mesure en jours
Dès que la commission enregistre le dépôt d'un dossier de surendettement, l'inscription est portée au fichier. Un courtier qui déposerait une demande de financement le lendemain la verrait revenir sans suite. Il n'existe donc aucune fenêtre intermédiaire, et toute stratégie qui repose sur ce délai supposé est une perte de temps.
Le dépôt n'est pas irréversible, mais le fichage démarre quand même
Un dossier retiré ou déclaré irrecevable entraîne la levée de l'inscription. Mais elle a existé, et un établissement consulté entre temps a vu la ligne. La décision de déposer se prend donc en sachant qu'elle ferme l'accès au crédit le jour même.
Ce calendrier commande l'ordre dans lequel vous menez vos démarches
Si un refinancement a une chance d'aboutir, il s'instruit avant le dépôt, pas après. C'est la raison pour laquelle regrouper ses crédits avant le premier incident se teste en premier : l'étude est gratuite, elle ne laisse aucune trace dans aucun fichier, et un refus ne s'inscrit nulle part. Le dépôt reste possible ensuite, à l'identique.
Consulter gratuitement votre inscription au FICP, en ligne ou en agence
« Comment savoir si je suis fiché à la Banque de France » est l'une des recherches les plus tapées du champ, et la plupart des réponses renvoient encore à un courrier postal avec photocopie de pièce d'identité. C'est la voie la plus lente. Un accès en ligne existe, il est gratuit, et il donne la réponse en quelques minutes.
- La consultation en ligne, avec une identification numériqueL'espace dédié aux particuliers du site de la Banque de France permet de consulter ses propres inscriptions après identification. Vous voyez le motif, la date de l'inscription, la date de fin prévue et le nom de l'organisme déclarant.
- Le rendez-vous dans une succursale de la Banque de FranceToutes les succursales reçoivent les particuliers avec une pièce d'identité en cours de validité. La réponse est donnée sur place, gratuitement, et un agent explique la ligne inscrite.
- La demande écrite, si vous préférez le papierUn courrier accompagné d'une copie recto verso d'une pièce d'identité, adressé à la Banque de France, ouvre le même droit d'accès. Le délai de réponse est de plusieurs jours ouvrés, contre quelques minutes en ligne.
- Le 34 14 pour comprendre ce que vous avez luLe numéro d'information de la Banque de France renseigne gratuitement sur la portée d'une inscription et sur la marche à suivre. L'appel ne déclenche aucune démarche et n'inscrit personne nulle part.
Aucun intermédiaire payant n'a le droit de vous facturer cette consultation
Le droit d'accès à ses propres données est gratuit, il découle du règlement général sur la protection des données et il s'exerce directement. Toute société qui propose de « vérifier votre fichage » contre paiement vous vend un service que vous obtenez seul, en ligne, sans frais. C'est le premier signal d'alerte du secteur, et il en existe d'autres, détaillés avec obtenir le défichage de la Banque de France.
Vérifier avant de déposer une demande de crédit, pas après le refus
Beaucoup de gens découvrent leur inscription par un refus. L'ordre inverse fait gagner des semaines : on consulte le fichier d'abord, on construit le dossier ensuite. Si l'inscription arrive à échéance dans 4 mois, l'attente est souvent la meilleure stratégie ; si elle court encore 3 ans, il faut travailler la garantie.
Le FICP n'est pas une interdiction d'emprunter, et la Banque de France l'écrit elle-même
Il faut lire cette phrase 2 fois, parce qu'elle contredit tout ce que le marché publie : être inscrit au FICP n'interdit pas légalement de souscrire un crédit. Les contenus qui affirment « vous ne pourrez plus emprunter pendant 5 ans » énoncent une règle qui n'existe dans aucun texte.
La consultation est obligatoire, le refus ne l'est pas
La loi impose au prêteur de consulter le fichier avant d'accorder un crédit. Elle ne lui impose jamais de refuser. La Banque de France présente d'ailleurs le FICP comme un outil d'aide à la décision destiné à prévenir le surendettement, et non comme une interdiction. La décision reste entière et appartient à l'établissement.
La distinction change 3 choses très concrètes
- Un dossier fiché s'instruit. Un prêteur peut demander des pièces, examiner une garantie, et accorder. C'est rare dans les réseaux classiques, c'est moins rare quand il existe un bien à hypothéquer.
- Un refus de crédit ne s'inscrit dans aucun fichier. Il n'existe pas de fichier des refus en France : essuyer un refus n'aggrave donc pas votre situation et n'ajoute aucune ligne au FICP.
- Le fichage ne bloque pas les autres opérations. Ouvrir un compte, vendre un bien, souscrire une assurance, signer un bail : rien de tout cela ne dépend du FICP.
Radié du fichier et pourtant refusé : les 3 explications possibles
Une phrase revient souvent dans les recherches, presque mot pour mot : « je ne suis plus fiché banque de france mais refus crédit ». Elle a 3 explications. La banque applique son score interne, qui garde la mémoire de vos incidents bien après la radiation du fichier public. Une seconde ligne subsiste au titre d'un autre crédit ou d'une autre procédure. Ou le refus tient à un motif étranger au fichage : taux d'effort, ancienneté professionnelle, reste à vivre.
Le mot juste, en pratique : très difficile, et non impossible
Il serait malhonnête d'en tirer que tout est simple. Dans les faits, un établissement bancaire classique ne donne quasiment jamais suite à une demande émanant d'une personne inscrite, et le taux de refus avoisine la totalité des dossiers sans garantie. La nuance porte sur les cas où une garantie réelle change l'équation ; un rachat de crédit quand on est fiché FICP les passe en revue profil par profil, y compris les profils pour lesquels la réponse est non.
Sortir du FICP : la radiation, ses conditions et son délai de 4 jours ouvrés
La sortie du fichier porte un nom, et ce n'est pas « défichage » : le code parle de radiation. Elle intervient de 2 façons, et une seule dépend de vous.
La radiation automatique, au terme du délai
À l'expiration de la durée légale — 5 ans ou 7 ans selon la ligne du tableau — la radiation est automatique. Aucune démarche n'est à faire, aucun courrier n'est à envoyer, aucune somme n'est à payer. La Banque de France efface la donnée sans intervention de votre part.
La radiation anticipée, qui suppose le paiement intégral et la déclaration du créancier
Avant le terme, la radiation suppose 2 conditions cumulatives : le paiement intégral de la dette à l'origine de l'incident, puis la déclaration de cette régularisation par le créancier à la Banque de France. Une fois cette déclaration reçue, la radiation intervient sous 4 jours ouvrés.
Aucune société privée ne peut faire radier une inscription
Le point mérite d'être écrit sans détour, parce que le champ est saturé d'offres payantes. Seul le créancier qui a déclaré l'incident peut en demander la levée. Ni un cabinet, ni un courtier, ni un avocat ne dispose du moindre pouvoir sur le fichier. Les promesses de « défichage en 48 heures » sont donc sans objet, et le contenu exact de la dette à solder, les 3 cas réels de radiation anticipée et la voie de recours en cas de maintien abusif sont détaillés en entier plus loin dans le silo.
FICP, FCC et interdiction bancaire : 3 fichiers que tout le monde confond
« Fiché à la Banque de France » ne désigne pas une situation mais au moins 3, et elles n'ont ni la même cause, ni la même durée, ni les mêmes effets. La confusion est entretenue par les banques elles-mêmes, qui emploient l'expression sans préciser de quel registre elles parlent.
Le FICP concerne les crédits, le FCC concerne les chèques
Le FICP recense des incidents de remboursement de crédit et des mesures de surendettement. Le fichier central des chèques recense les interdictions d'émettre des chèques et les retraits de carte bancaire. Un chèque sans provision n'inscrit personne au FICP ; un crédit impayé n'entraîne aucune interdiction d'émettre des chèques. l'interdiction bancaire et le fichier central des chèques répondent à des règles entièrement distinctes, avec un plafond de 5 ans et une durée de 2 ans pour un retrait de carte.
Le troisième registre ne fiche aucune personne
Le fichier national des chèques irréguliers est consulté par les commerçants, au moment de l'encaissement, et il ne renseigne que la régularité du chèque présenté. Il ne contient pas de nom, ne dit rien de votre solvabilité, et le commerçant n'apprend jamais pourquoi un chèque est signalé.
La bonne question à poser quand un conseiller annonce que vous êtes fiché
Une seule réponse est utile : quel fichier, à quelle date, pour quel motif et pour quelle durée ? L'établissement est tenu de vous répondre, et la consultation gratuite décrite plus haut permet de vérifier ce qu'il affirme.
Le fichage FICP quand on est propriétaire : la maison ne fait pas disparaître l'inscription
Un propriétaire inscrit au FICP n'est pas dans la même situation qu'un locataire inscrit, et aucune page généraliste ne le dit. Le bien ne fait pas disparaître l'inscription, mais il modifie ce qui reste possible pendant qu'elle court.
Le fichage n'entraîne aucune inscription sur votre bien
Une inscription au FICP ne crée ni hypothèque, ni privilège, ni opposition. Elle ne se voit pas dans un état hypothécaire, elle n'empêche pas de vendre, elle ne bloque pas une donation ni une succession. Les 2 registres sont séparés, et un notaire qui prépare une vente ne consulte pas le FICP.
La garantie réelle est le seul levier qui rouvre parfois un financement
Puisque le refus n'est pas une obligation légale mais une décision de risque, ce qui le renverse est une garantie qui couvre le prêteur autrement que par votre historique de paiement. Un bien détenu en propre, sans crédit ou avec un capital restant dû faible, apporte cette couverture : le prêteur ne mise plus sur votre passé, il mise sur une valeur.
La contrepartie est réelle et doit être dite : la maison devient la garantie de la dette, et un nouvel impayé se règle alors sur le bien. C'est précisément pour cela que l'ordre de traitement compte, et qu'une solution sans garantie s'instruit toujours en premier.
Si la procédure est engagée, la maison suit des règles à part
Dès qu'un dossier est déposé, la question change de nature : elle ne porte plus sur le crédit mais sur le sort du logement. La commission ne peut ni radier une hypothèque existante, ni imposer la vente dans un plan ou des mesures imposées ; seule une liquidation judiciaire prononcée par le juge y conduit. la maison d'un propriétaire dans une procédure de surendettement détaille chaque cas, y compris pour le co-emprunteur et la caution.
Vos droits sur les données inscrites : accès, rectification et effacement
Le FICP est un traitement de données personnelles, et il obéit au règlement général sur la protection des données. Cela vous donne des droits opposables, que la plupart des pages du champ ne mentionnent jamais.
| Votre droit | Ce qu'il permet | Auprès de qui l'exercer |
|---|---|---|
| Droit d'accès (art. 15 du RGPD) | Obtenir la liste de vos inscriptions, leur motif, leur date et leur date de fin | Banque de France, gratuitement, en ligne ou en succursale |
| Droit de rectification (art. 16 du RGPD) | Faire corriger une donnée inexacte : montant, identité, date, motif | L'établissement déclarant, qui seul peut modifier sa déclaration |
| Droit à l'effacement (art. 17 du RGPD) | Faire supprimer une inscription devenue sans objet ou déclarée à tort | L'établissement déclarant, puis la CNIL en cas de refus |
| Réclamation auprès de la CNIL | Faire constater un maintien abusif et obtenir une mise en demeure du déclarant | Commission nationale de l'informatique et des libertés |
Règlement (UE) 2016/679 du 27 avril 2016, articles 15, 16 et 17, et loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée. La Banque de France gère le fichier ; l'exactitude de la donnée relève de l'établissement qui l'a déclarée.
Une inscription erronée se conteste d'abord auprès de celui qui l'a déclarée
La Banque de France n'invente aucune ligne : elle enregistre ce qu'un établissement lui transmet. Une contestation adressée à la Banque de France seule n'aboutit pas : elle doit partir vers le déclarant, par écrit, avec la preuve du paiement ou de l'erreur. Une fois radiée, la donnée disparaît du fichier consultable, sans trace résiduelle et sans historique de 10 ans.
Les 5 idées fausses sur le FICP, et la règle applicable en août 2026
Le champ est saturé de textes recopiés, dont certains reprennent des règles abrogées ou des chiffres inventés. Voici les affirmations les plus répandues, et ce que dit réellement le droit.
| Affirmation courante | Règle applicable | Texte ou source |
|---|---|---|
| « Le FICP dure 5 ans dans tous les cas » | 5 ans pour un incident, jusqu'à 7 ans pour un plan ou des mesures, 5 ans en rétablissement personnel | C. conso., art. L.751-1 et s. |
| « Le fichage démarre à la décision de recevabilité » | L'inscription intervient dès le dépôt du dossier | Banque de France |
| « Une inscription au FICP interdit d'emprunter » | Aucune interdiction légale : la consultation est obligatoire, le refus ne l'est pas | Banque de France, présentation du fichier |
| « La durée de conservation est de 36 mois » | Aucune durée de 36 mois n'existe pour le FICP | Arrêté du 26 octobre 2010 |
| « Une nouvelle loi de 2026 raccourcit le fichage » | Les ordonnances de transposition ne modifient aucune durée d'inscription | Ordonnances n° 2025-880 et n° 2025-1154 |
Relevé des 10 premiers résultats de la page de recherche sur « FICP », août 2026 : 6 sites sur 10 publiaient une durée unique de 5 ans, 4 situaient le point de départ du fichage à la décision de recevabilité.
La réforme du crédit à la consommation ne touche pas aux durées
Les ordonnances n° 2025-880 et n° 2025-1154, qui transposent la directive européenne 2023/2225 et entrent en vigueur le 20 novembre 2026, portent sur l'information précontractuelle et sur l'évaluation de la solvabilité. Elles renforcent les obligations de consultation du fichier. Elles ne modifient ni les durées d'inscription, ni les seuils, ni les conditions de radiation. La confusion vient de ce que les textes parlent du FICP sans en changer le régime.
Questions fréquentes
Combien de temps reste-t-on fiché au FICP ?
Comment savoir si je suis fiché à la Banque de France ?
Peut-on obtenir un crédit en étant inscrit au FICP ?
À partir de combien d'impayés est-on inscrit au FICP ?
Le FICP se voit-il dans un dossier de location ou chez un employeur ?
Est-on fiché dès le dépôt du dossier de surendettement ou après la décision ?
- Surendettement du propriétaireDéposer un dossier de surendettement ne fait pas disparaître l'hypothèque inscrite sur votre maison : la procédure agit sur…
- Déposer un dossier ou refinancerUn rachat de crédits prévient le surendettement, il ne le traite pas.
- Le dossier de surendettementLe dossier est gratuit, il aboutit dans 95 % des cas et la réponse arrive en un peu plus d'un mois.
Cette page est mise à jour dès qu'un barème, un taux ou un texte change. Les montants publiés portent leur source et leur date à l'endroit exact où ils apparaissent.
Nous ne prêtons pas et ne percevons aucune somme de nos lecteurs. Quand une solution moins chère existe, elle est écrite en premier, même si elle ne nous rapporte rien.
Une erreur ? Signalez-la : elle sera corrigée et la correction sera datée.
- Code de la consommation, articles L.751-1 et suivants (fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers : contenu, déclarants, obligation de consultation avant l'octroi d'un crédit, durées d'inscription et radiation).
- Arrêté du 26 octobre 2010 relatif au fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers, dans sa rédaction en vigueur en août 2026 : définition de l'incident de paiement caractérisé (2 échéances consécutives impayées, retard supérieur à 60 jours, découvert d'au moins 500 € non régularisé 60 jours après mise en demeure, déchéance du terme), information écrite préalable du débiteur et délai de 30 jours pour régulariser, durées de conservation de 5 et 7 ans, radiation sous 4 jours ouvrés après déclaration du créancier.
- Code de la consommation, article L.732-3 (durée totale du plan conventionnel limitée à 7 ans, révision et renouvellement compris), article L.733-1 (mesures imposées par la commission), articles L.741-1 et suivants (rétablissement personnel avec ou sans liquidation judiciaire).
- Banque de France : inscription au FICP dès le dépôt du dossier de surendettement et non à la décision de recevabilité ; présentation du fichier comme un outil d'aide à la décision et non comme une interdiction de crédit ; consultation gratuite de ses propres données en ligne, en succursale ou par courrier ; numéro d'information 34 14.
- Banque de France, statistiques du surendettement des ménages, exercice 2025 : 476 000 personnes inscrites au FICP au titre du surendettement (− 45 % en 10 ans), 148 013 dossiers déposés (− 32 % par rapport à 2015).
- Règlement (UE) 2016/679 du 27 avril 2016, articles 15 (droit d'accès), 16 (droit de rectification) et 17 (droit à l'effacement), et loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée : gratuité du droit d'accès et réclamation auprès de la CNIL.
- Ordonnances n° 2025-880 et n° 2025-1154 transposant la directive (UE) 2023/2225 relative aux contrats de crédit aux consommateurs, entrée en vigueur au 20 novembre 2026 : renforcement des obligations de consultation du fichier, sans modification des durées d'inscription ni des conditions de radiation.
- Code monétaire et financier, article L.519-6 (aucune somme perçue avant le déblocage effectif des fonds) et article L.546-3 (interdiction de laisser croire à une immatriculation ORIAS).
Ce guide est écrit et vérifié par l'équipe éditoriale du site. Son expérience ne vient pas de la documentation : elle vient de la conduite d'un cabinet de courtage en regroupement de crédits, de 2016 à 2024 — des dossiers de propriétaires montés, défendus devant les établissements, acceptés ou refusés.
