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Un décompte d'échéances, mois après mois, en tête du guide « Les risques d'une hypothèque »
Risques

Les risques d'une hypothèque sur une maison : à quel impayé la saisie commence

Le risque existe et il porte sur votre logement. Mais entre le premier impayé et la vente du bien, il s'écoule 18 à 30 mois, et 5 portes de sortie s'ouvrent successivement. Cette page donne le calendrier légal et ce qui reste possible à chaque étape.

Vérifié le 16 août 2026·14 min de lecture ·La rédaction
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Le risque principal, dit sans détour, et ce qu'il n'est pas

Le risque d'une hypothèque tient en une phrase : si vous cessez durablement de rembourser, le prêteur peut faire vendre votre logement pour se payer sur le prix. C'est le prix de la garantie, et ce qu'implique d'hypothéquer sa maison ne se comprend pas sans ce point de départ.

Mais la formule sous laquelle on lit ce risque partout — « vous pouvez perdre votre maison » — est à la fois vraie et inutilisable. Elle ne dit ni à partir de quand, ni selon quelle procédure, ni ce qu'il reste possible de faire à chaque étape. C'est exactement ce qui manque aux 8 premiers résultats de Google sur la recherche « conséquence hypothèque maison » : 2 banques, un courtier, 2 pages institutionnelles et un renvoi brut vers le texte du code civil.

Trois précisions changent immédiatement l'échelle du problème :

  • Le prêteur ne vend pas votre bien. Il n'a aucun pouvoir de vente directe. La vente suit les modalités du code des procédures civiles d'exécution, sous le contrôle du juge de l'exécution, avec des délais impératifs à chaque étape.
  • Un impayé n'est pas un défaut. Un incident isolé se régularise ; la procédure suppose une défaillance installée, une mise en demeure restée sans effet, puis une décision expresse du prêteur.
  • La procédure est publique et contradictoire. Vous êtes assigné, vous comparaissez, vous contestez, vous demandez des délais. Rien ne se décide sans vous en l'absence de convocation régulière.

La chronologie réelle du défaut, du premier impayé à l'adjudication

Voici le calendrier que personne ne publie. Les durées sont celles fixées par les textes quand ils en fixent, et les fourchettes observées quand la loi laisse le prêteur ou le juge apprécier.

ÉtapeCe qui se passeDélai depuis le débutTexte
1. Incident de paiementRelance, frais d'incident, appel du service recouvrementJ + 1 moisContrat
2. Mise en demeureLettre recommandée fixant un délai pour régulariser2 à 6 moisJurisprudence
3. Déchéance du termeLa totalité du capital restant dû devient exigible4 à 9 moisContrat + Cass. 2023
4. Commandement de payer valant saisieActe de commissaire de justice, 8 jours pour payer8 à 15 moisCPCE, art. R.321-1
5. Publication au fichier immobilierLe bien devient indisponible, dans les 2 mois9 à 17 moisCPCE, art. R.321-6
6. Audience d'orientationLe juge tranche : vente amiable ou vente forcée11 à 21 moisCPCE, art. R.322-4
7. Vente amiable ou adjudication4 mois pour vendre soi-même, ou audience d'adjudication15 à 30 moisCPCE, art. R.322-21 et R.322-26

Délais reconstitués à partir du code des procédures civiles d'exécution, livres I et III, dans leur rédaction en vigueur en août 2026. Les étapes 1 à 3 relèvent du contrat et de la pratique du prêteur ; à partir de l'étape 4, tous les délais sont légaux.

Combien de mensualités impayées avant qu'une procédure commence

Il n'existe aucun seuil légal. Dans la pratique des établissements, la déchéance du terme est rarement prononcée avant 3 à 6 échéances impayées, parce qu'elle ferme la porte à toute régularisation amiable et transforme un dossier de recouvrement en contentieux coûteux. Entre la première relance et la déchéance du terme, les prêteurs appliquent 4 paliers internes, et ce qui se passe si vous ne remboursez plus dépend entièrement de celui où le dossier se trouve.

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Entre le premier incident et la déchéance du terme, il reste plusieurs mois utiles.
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La déchéance du terme : le moment où la dette entière devient exigible

C'est le vrai basculement, bien plus que le premier impayé. Tant que le contrat court, vous devez les échéances échues. Une fois la déchéance du terme prononcée, vous devez l'intégralité du capital restant dû, immédiatement, augmentée des intérêts de retard.

Cette décision n'est pas libre. La Cour de cassation exige une mise en demeure préalable précisant le délai laissé au débiteur pour régulariser (1re chambre civile, 3 juin 2015, n° 14-13.126). Et une clause du contrat qui autoriserait la déchéance sans mise en demeure est abusive, donc réputée non écrite (1re chambre civile, 22 mars 2023, n° 21-16.044).

La lettre qui vaut plusieurs moisUne mise en demeure irrégulière — sans délai précisé, adressée à une mauvaise adresse, ou fondée sur une clause abusive — rend la déchéance du terme contestable devant le juge de l'exécution, à l'audience d'orientation. Conservez toutes les enveloppes et tous les accusés de réception : c'est le premier moyen de défense examiné, et il fait tomber des procédures entières.

À l'inverse, laisser passer la mise en demeure sans répondre est l'erreur la plus coûteuse de toute la chaîne. Une réponse écrite, même pour proposer un plan partiel, suffit souvent à maintenir le dossier en phase amiable pendant plusieurs mois de plus.

Le commandement de payer valant saisie et l'audience d'orientation

Le commandement de payer valant saisie immobilière est l'acte qui ouvre la procédure judiciaire. Il est signifié par un commissaire de justice, il somme de payer sous 8 jours, et il doit être publié au service de la publicité foncière dans les 2 mois de sa signification, à peine de caducité (articles R.321-1 et R.321-6 du code des procédures civiles d'exécution).

Sa publication rend le bien indisponible : vous en gardez l'usage et vous continuez d'y habiter, mais vous ne pouvez plus le vendre librement ni consentir une nouvelle hypothèque dessus.

Dans les 2 mois de cette publication, le créancier vous assigne à comparaître devant le juge de l'exécution à l'audience d'orientation, l'assignation étant délivrée entre un et 3 mois avant l'audience (article R.322-4). Cette audience est le moment décisif de toute la procédure : le juge vérifie la régularité des actes, statue sur les contestations, et détermine les modalités de la vente. De ce commandement à l'adjudication, le déroulé complet d'une saisie immobilière s'étale sur 12 à 18 mois, jalonnés d'actes dont chacun ouvre un délai de contestation.

L'audience à laquelle il faut être représentéLa représentation par avocat est obligatoire en saisie immobilière. Un débiteur qui ne comparaît pas voit le juge ordonner la vente forcée sans avoir entendu la moindre contestation, et sans examiner la demande de vente amiable. L'aide juridictionnelle couvre cette représentation sous conditions de ressources : la demander dès la réception de l'assignation, pas la veille de l'audience.

Les 5 portes de sortie, et jusqu'à quand chacune reste ouverte

C'est le tableau qui manque partout. Chaque constat défavorable de cette page a sa contrepartie, et la contrepartie a une date limite.

La sortieCe qu'elle produitDernier moment utile
Report ou suspension d'échéances1 à 12 mensualités décalées, contrat maintenuAvant la déchéance du terme
Rachat ou regroupement de créditsUne mensualité unique, plus basseAvant le fichage FICP, ou juste après régularisation
Délai de grâce judiciaireReport ou échelonnement sur 24 mois maximumÀ l'audience d'orientation
Dossier de surendettementSuspension des procédures d'exécution, réaménagementAvant la fixation de la date d'adjudication
Vente amiable autoriséeVous vendez vous-même, au prix du marchéÀ l'audience d'orientation, pas après

Sources : code civil article 1343-5 (délai de grâce), code de la consommation articles L.314-20 et L.711-1 et suivants, code des procédures civiles d'exécution articles L.322-1 et R.322-21.

Le délai de grâce de l'article 1343-5 du code civil permet au juge de reporter ou d'échelonner le paiement des sommes dues dans la limite de 2 ans. Pour un crédit immobilier, l'article L.314-20 du code de la consommation ouvre en outre la suspension judiciaire des obligations du contrat, notamment en cas de licenciement.

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La vente amiable autorisée par le juge : le levier le plus rentable de la procédure

C'est l'information la plus utile de cette page, et aucun des 8 résultats du top 10 ne la mentionne. À l'audience d'orientation, le débiteur peut demander au juge l'autorisation de vendre lui-même son bien à l'amiable (article L.322-1 du code des procédures civiles d'exécution).

Si le juge l'accorde, il fixe un prix en deçà duquel le bien ne peut pas être vendu, et accorde un délai de 4 mois pour conclure, prolongeable une fois de 3 mois si un acquéreur sérieux se présente (article R.322-21). Vous choisissez l'acquéreur, vous négociez, vous vendez au prix du marché.

4 moispour conclure la vente amiable
+ 3 moisde prorogation possible
1 audienceet une seule, pour la demander

L'écart avec une adjudication n'est pas marginal : une vente amiable se conclut au prix du marché, une adjudication part de la mise à prix fixée par le créancier. Sur un bien de 250 000 €, la différence dépasse fréquemment 50 000 €, et c'est cette différence qui décide s'il vous reste quelque chose après remboursement, ou s'il vous reste une dette.

La condition est simple et impitoyable : cela se demande à l'audience d'orientation, et nulle part ailleurs. Une fois la vente forcée ordonnée, la porte est fermée.

Le surendettement : ce que la recevabilité suspend, et ce qu'elle ne suspend pas

Aucun des concurrents de cette SERP n'évoque la commission de surendettement de la Banque de France. C'est pourtant l'une des rares procédures capables d'arrêter une saisie en cours.

La décision de recevabilité emporte suspension et interdiction des procédures d'exécution dirigées contre les biens du débiteur, pour une durée qui court jusqu'à l'approbation du plan et dans la limite de 2 ans (article L.722-2 du code de la consommation). Elle suspend aussi les cessions de rémunération.

La limite qui rend l'urgence réelleEn matière de saisie immobilière, lorsque la date d'adjudication a déjà été fixée, la suspension ne peut plus résulter que d'une décision du juge, pour causes graves et dûment justifiées (article L.722-4 du code de la consommation). Autrement dit : déposé avant l'audience d'orientation, un dossier de surendettement suspend ; déposé après la fixation de l'adjudication, il ne suspend plus rien de plein droit.

Une idée fausse mérite d'être écartée : être propriétaire n'interdit pas de déposer un dossier. La recevabilité tient à la bonne foi et à l'impossibilité manifeste de faire face à l'ensemble de ses dettes non professionnelles (article L.711-1 du code de la consommation). Aucun texte n'exclut le propriétaire de son logement, et la commission apprécie la situation dans son ensemble.

Le revers existe et il faut le connaître : le dépôt entraîne une inscription au fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers, pour la durée du plan et jusqu'à 7 ans. déposer un dossier de surendettement en étant propriétaire reste pourtant possible, et la commission apprécie la situation dans son ensemble : c'est le montant du patrimoine mobilisable qui départage les 2 voies.

Le risque de prix : mise à prix, absence d'enchère et créancier adjudicataire d'office

Le vrai risque financier d'une hypothèque n'est pas de perdre le bien : c'est de le perdre mal vendu. Aucun concurrent ne le quantifie, alors que c'est ce qui décide du solde final.

La mise à prix est fixée par le créancier poursuivant dans le cahier des conditions de vente. Elle n'a pas à correspondre à la valeur du bien : c'est un point de départ d'enchères. Le débiteur peut la contester devant le juge de l'exécution à l'audience d'orientation et en demander l'augmentation.

La règle qui fait la différence est à l'article L.322-6 du code des procédures civiles d'exécution : à défaut d'enchère, le créancier poursuivant est déclaré adjudicataire d'office pour le montant de la mise à prix. Une mise à prix basse sur un bien qui n'intéresse personne ce jour-là, et le bien change de mains pour ce montant.

  • Les frais de procédure passent avant tout le monde. Frais de justice, commissaire de justice, avocat, publicité : ils se prélèvent en priorité sur le prix, avant même le créancier hypothécaire de premier rang.
  • La surenchère du dixième existe. Dans les 10 jours de l'adjudication, toute personne peut surenchérir d'au moins un dixième du prix, ce qui rouvre les enchères (article R.322-50). C'est parfois le seul moyen de faire remonter le prix.
  • Le marché local pèse autant que le droit. Sur un secteur peu liquide, une adjudication attire 3 enchérisseurs ; sur un marché tendu, 15. La localisation du bien explique une grande partie de l'écart de résultat.
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La dette qui reste après la vente, et le risque de dévaluation du bien

C'est le scénario que les pages commerciales taisent complètement. Si le prix obtenu ne couvre pas la créance, la vente ne solde pas la dette : le solde reste dû, et le prêteur redevient un créancier ordinaire qui peut poursuivre le recouvrement sur vos revenus et vos autres biens.

Deux mécanismes conduisent à cette situation. Le premier est l'adjudication en dessous de la valeur, décrit plus haut. Le second est la dévaluation du bien entre la mise en place de l'hypothèque et la vente : un bien acheté au sommet d'un cycle, ou un logement classé F ou G dont la valeur a décroché depuis les restrictions de mise en location, peut valoir nettement moins que la dette qu'il garantit.

  1. Faites estimer le bien avant de signer, pas après — 2 avis d'agences et une consultation de la base des valeurs foncières, gratuite et publique, donnent une fourchette réaliste. Un prêteur qui retient une valeur généreuse n'améliore pas votre situation : il augmente le montant garanti.
  2. Comparez la dette totale à 70 % de la valeur, pas à 100 % — c'est l'ordre de grandeur d'une vente contrainte. Si la dette dépasse ce seuil, l'opération vous expose à une dette résiduelle même après avoir perdu le bien.
  3. Regardez le diagnostic de performance énergétique — la valeur des logements les moins performants a décroché sur la plupart des marchés. C'est un facteur de risque à part entière quand le prêt court sur 15 ou 20 ans.

Les risques secondaires : durée allongée, coût total, revente bloquée, fiscalité

La saisie est le risque extrême. Les risques ordinaires, eux, se réalisent dans presque tous les dossiers, et ils se chiffrent.

L'allongement de durée, qui baisse la mensualité et augmente le total

Un crédit hypothécaire de restructuration se rembourse souvent sur 15 à 25 ans, là où les crédits qu'il remplace couraient sur 3 à 7 ans. La mensualité baisse fortement, le coût total augmente tout aussi fortement. C'est un arbitrage légitime quand la trésorerie mensuelle est le problème ; c'en est un mauvais quand elle ne l'est pas.

La revente qui suppose une mainlevée, et son coût

Tant que l'inscription vit, aucune vente ne se conclut sans mainlevée. Le notaire la règle sur le prix, ce qui ne vous coûte rien de poche, mais réduit d'autant le solde qui vous revient. Comptez 450 à 700 € pour un émolument de mainlevée, qui est un forfait et non un pourcentage du capital.

La fiscalité : des intérêts rarement déductibles, une dette rarement imputable à l'IFI

Les intérêts d'un crédit de trésorerie garanti par hypothèque ne sont déductibles que s'ils sont affectés à un bien produisant des revenus fonciers. Et pour l'impôt sur la fortune immobilière, une dette n'est déductible que si elle a servi à acquérir ou à améliorer le bien imposable : un prêt de trésorerie garanti sur la maison mais employé ailleurs ne réduit pas l'assiette. la fiscalité d'un crédit hypothécaire tient en 2 règles d'affectation, et elles décident seules de la déductibilité.

Hypothéquer une maison déjà payée : le risque que personne ne nomme

« Hypothèque sur maison payée » est l'une des recherches les plus fortes associées à ce sujet, et aucun titre du top 10 ne la couvre. C'est pourtant la situation la plus fréquente des demandes de crédit hypothécaire, et celle qui porte le risque le plus mal compris.

Un logement payé n'est exposé à rien. Aucun créancier ne peut le faire vendre pour une dette de consommation ordinaire sans un long détour judiciaire, et le patrimoine familial est à l'abri. Consentir une hypothèque dessus, c'est transformer une dette non garantie en dette garantie par le toit : vous donnez à un créancier un droit direct sur le bien, et vous supprimez la protection qui existait.

Le contrepoids est réel : la garantie fait baisser le taux, allonge la durée possible et débloque des montants qu'aucun prêt personnel n'atteint. Le montant mobilisable, les frais et le seuil de rentabilité se calculent avant de décider, jamais après.

La question à se poser avant tout le resteEst-ce que la même somme peut s'obtenir sans garantie ? En dessous de 75 000 €, un prêt personnel ou un regroupement de crédits sans hypothèque y parvient souvent, au prix d'un taux plus élevé mais sans exposer le logement ni payer 1 500 à 3 600 € de frais de mise en place. Six montages permettent d'éviter la garantie, et ils se comparent sur un même besoin chiffré avant, jamais après, la signature de l'acte notarié.
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Qui d'autre est exposé : conjoint co-emprunteur, caution hypothécaire, indivision et SCI

Le risque ne s'arrête pas à l'emprunteur, et c'est le trou le plus net de toute la SERP : aucun des 8 résultats ne traite l'indivision, la SCI ni la caution familiale.

  • Le conjoint co-emprunteur est tenu de la totalité de la dette, pas de la moitié. Le prêteur peut lui réclamer l'intégralité, à charge pour lui de se retourner ensuite contre l'autre. Le divorce ne délie pas : seule la désolidarisation accordée par la banque le fait.
  • La caution hypothécaire — le parent qui met SON bien en garantie du prêt d'un enfant — risque son propre logement, alors qu'elle ne reçoit pas un euro du crédit. L'engagement porte sur le bien affecté, et il survit à la brouille familiale.
  • Les indivisaires subissent la saisie du bien entier même si un seul d'entre eux est débiteur, dès lors que l'hypothèque a été consentie à l'unanimité. Chacun a donc intérêt à connaître la situation financière des autres avant de signer.
  • La SCI ne protège pas comme on le croit : ses associés répondent des dettes sociales à proportion de leurs parts, indéfiniment, et le prêteur exige presque toujours en outre leur caution personnelle.

Les 5 précautions qui réduisent réellement le risque

Chacune se demande avant la signature, et chacune se chiffre. Aucune ne s'obtient après.

  1. Limitez l'assiette garantie — les prêteurs majorent le capital de 10 à 20 % pour couvrir intérêts et accessoires, et cette majoration se paie en taxe de publicité foncière. Négocier 10 % plutôt que 20 % économise une centaine d'euros par tranche de 150 000 € et réduit le montant que la garantie couvre.
  2. Faites relire la clause de déchéance du terme — exigez qu'elle prévoie une mise en demeure préalable et un délai chiffré de régularisation. Une clause qui s'en dispense est abusive, mais mieux vaut ne pas avoir à le plaider.
  3. Vérifiez l'indemnité de remboursement anticipé — sur un crédit immobilier, elle est plafonnée à 6 mois d'intérêts au taux moyen du prêt sur le capital remboursé, sans excéder 3 % du capital restant dû. Sur un prêt de trésorerie hypothécaire, elle se négocie, et certains prêteurs l'annulent au-delà de la troisième année.
  4. Constituez une réserve de 3 à 6 mensualités — c'est ce qui absorbe un arrêt de travail ou une fin de contrat sans déclencher le premier incident. La réserve vaut mieux que n'importe quelle assurance facultative.
  5. Écrivez au prêteur dès le premier impayé — un courrier daté qui propose un plan, même partiel, maintient le dossier en phase amiable. Le silence est ce qui déclenche la mise en demeure, puis tout le reste.

Et la précaution qui les résume toutes : vérifier qu'il n'existe pas de montage sans garantie capable de produire le même résultat. Emprunter sans mettre son bien en garantie reste possible dans la majorité des dossiers sous 75 000 €.

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Questions fréquentes

Peut-on vraiment perdre sa maison avec une hypothèque ?
Oui, mais pas comme on l'imagine. Le prêteur ne peut pas vendre le bien lui-même : il doit obtenir un titre, signifier un commandement de payer valant saisie, le publier, vous assigner devant le juge de l'exécution, puis obtenir une décision de vente. Entre le premier impayé et l'adjudication, il s'écoule couramment 18 à 30 mois. Sur ce parcours, 5 portes de sortie s'ouvrent successivement, dont la vente amiable autorisée par le juge, qui se demande à l'audience d'orientation.
Combien d'impayés avant une saisie immobilière ?
Aucun seuil légal n'existe. Dans la pratique, les prêteurs prononcent la déchéance du terme après 3 à 6 échéances impayées, et seulement après une mise en demeure restée sans effet. La saisie proprement dite commence ensuite, avec le commandement de payer valant saisie, souvent 8 à 15 mois après le premier incident. Un impayé isolé, régularisé dans le mois, n'ouvre aucune procédure et ne laisse pas de trace au fichier des incidents.
Que faire dès le premier impayé ?
Écrire au prêteur, par lettre recommandée, dans les 15 jours. Expliquez la cause, dites si elle est temporaire, proposez un plan chiffré : report de 1 à 12 mensualités, allongement de durée, ou paiement partiel. La plupart des contrats prévoient un report d'échéances qui s'obtient bien plus facilement avant tout incident déclaré qu'après. En parallèle, faites chiffrer un regroupement de crédits : il reste accessible tant que vous n'êtes pas inscrit au FICP.
Comment minimiser les risques d'un prêt hypothécaire ?
Cinq gestes, tous à faire avant de signer. Limiter le montant garanti en négociant une majoration de 10 % plutôt que 20 %. Faire relire la clause de déchéance du terme pour qu'elle impose une mise en demeure préalable. Vérifier le plafond de l'indemnité de remboursement anticipé. Conserver une réserve de 3 à 6 mensualités. Et vérifier qu'aucune solution sans garantie ne produit le même résultat, ce qui est fréquent en dessous de 75 000 €.
Un dossier de surendettement arrête-t-il une saisie immobilière ?
La décision de recevabilité suspend et interdit les procédures d'exécution pendant la durée du traitement, dans la limite de 2 ans. Mais si la date d'adjudication a déjà été fixée, la suspension ne peut plus résulter que d'une décision du juge, pour causes graves et dûment justifiées. Le calendrier est donc décisif : déposé avant l'audience d'orientation, le dossier protège ; déposé après, il ne protège plus de plein droit.
Que se passe-t-il si la vente ne couvre pas la dette ?
Le solde reste dû. La vente éteint l'hypothèque mais pas la créance : le prêteur redevient un créancier ordinaire et peut poursuivre le recouvrement sur vos revenus et vos autres biens. C'est le principal argument en faveur de la vente amiable autorisée, qui se conclut au prix du marché, alors qu'une adjudication part de la mise à prix fixée par le créancier — et qu'à défaut d'enchère, celui-ci est déclaré adjudicataire pour ce seul montant.
Si votre question porte sur un point précis
Note de la rédaction

Cette page est mise à jour dès qu'un barème, un taux ou un texte change. Les montants publiés portent leur source et leur date à l'endroit exact où ils apparaissent.

Nous ne prêtons pas et ne percevons aucune somme de nos lecteurs. Quand une solution moins chère existe, elle est écrite en premier, même si elle ne nous rapporte rien.

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Nos sources
  • Code des procédures civiles d'exécution, articles R.321-1 et R.321-6 (commandement de payer valant saisie, délai de 8 jours, publication dans les 2 mois).
  • Code des procédures civiles d'exécution, articles L.322-1, R.322-4, R.322-21 et R.322-26 (audience d'orientation, vente amiable autorisée, délai de 4 mois prolongeable, date d'adjudication).
  • Code des procédures civiles d'exécution, articles L.322-6 (créancier déclaré adjudicataire d'office à défaut d'enchère) et R.322-50 (surenchère du dixième).
  • Code civil, article 1343-5 (délai de grâce de 24 mois) et articles 2450 à 2474 (effets des hypothèques).
  • Code de la consommation, articles L.314-20 (suspension judiciaire des obligations du contrat), L.711-1 (conditions de recevabilité du surendettement), L.722-2 et L.722-4 (suspension des procédures d'exécution et limite en cas d'adjudication fixée).
  • Code de la consommation, article R.313-25 (plafond de l'indemnité de remboursement anticipé : 6 mois d'intérêts, sans excéder 3 % du capital restant dû).
  • Cour de cassation, 1re chambre civile, 3 juin 2015, n° 14-13.126 (mise en demeure préalable à la déchéance du terme) et 22 mars 2023, n° 21-16.044 (caractère abusif de la clause s'en dispensant).
  • Code général des impôts, article 974 (dettes déductibles de l'assiette de l'impôt sur la fortune immobilière) et article 31 (déductibilité des intérêts des revenus fonciers).
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La rédaction de hypothéquer-sa-maison.fr

Ce guide est écrit et vérifié par l'équipe éditoriale du site. Son expérience ne vient pas de la documentation : elle vient de la conduite d'un cabinet de courtage en regroupement de crédits, de 2016 à 2024 — des dossiers de propriétaires montés, défendus devant les établissements, acceptés ou refusés.

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