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Des trajectoires de financement qui convergent sans passer par une garantie, en tête du guide « Le dossier de surendettement »
Surendettement

Dossier de surendettement recevable, et après : le calendrier réel et la vie pendant le plan

Le dossier est gratuit, il aboutit dans 95 % des cas et la réponse arrive en un peu plus d'un mois. Mais il vous fiche dès le jour du dépôt, et personne n'explique vraiment ce qui se passe ensuite : le calendrier réel, et la vie pendant le plan.

Vérifié le 16 août 2026·14 min de lecture ·La rédaction
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Le dossier de surendettement, à qui il s'adresse et ce qu'il déclenche

Un dossier de surendettement est la porte d'entrée de la procédure de surendettement dans son ensemble : rien ne se déclenche sans lui, ni la protection contre les saisies, ni l'effacement, ni le rééchelonnement. Il est gratuit, il se dépose seul, et il produit ses premiers effets le jour même — y compris ceux que l'on n'attendait pas.

Un dossier gratuit, déposé à la Banque de France, sans avocat

Le dossier se retire en ligne ou au guichet de la Banque de France, et il se dépose au secrétariat de la commission du département de résidence. Il est entièrement gratuit. Aucun professionnel n'a besoin d'intervenir, aucun frais n'est dû, et toute société qui propose un « accompagnement au dépôt » facturé vend un service que la Banque de France et les points conseil budget rendent sans contrepartie.

Les 4 pièces qui font accepter un dossier du premier coup

  • Le formulaire de déclaration signé, avec la déclaration sur l'honneur de sincérité. Une omission de dette n'est pas une fraude, mais elle rallonge l'instruction : la commission redemandera les pièces.
  • L'état complet des dettes : chaque crédit avec son capital restant dû, chaque impayé de charge courante, chaque dette fiscale ou sociale. Les relevés de compte des 3 derniers mois servent de contrôle.
  • Les justificatifs de ressources : bulletins de salaire, avis d'imposition, attestations de prestations. Le budget est reconstitué ligne à ligne, ressources et charges.
  • Les justificatifs de charges de logement : quittances, échéancier de prêt immobilier, taxe foncière. Pour un propriétaire, l'échéancier du prêt et une estimation du bien accélèrent nettement l'instruction.

Un dossier complet part avec plusieurs semaines d'avance sur un dossier à trous. C'est le seul levier de délai dont vous disposez réellement : le reste dépend du calendrier de la commission.

L'inscription au FICP intervient dès le dépôt, pas à la recevabilité

C'est le point le plus mal traité de tout le champ, et celui qui coûte le plus cher. Le dépôt du dossier entraîne à lui seul l'inscription au fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers, avant toute décision. Il n'existe aucune période intermédiaire pendant laquelle un crédit resterait accessible « le temps que la commission se prononce ».

La conséquence concrète : la fenêtre de refinancement se ferme le jour du dépôt

Beaucoup de ménages déposent d'abord, par précaution, en se disant qu'ils tenteront un regroupement en parallèle. C'est exactement l'ordre à ne pas suivre. Dès le lendemain, tout établissement consulté verra l'inscription et n'ira pas plus loin. Si un refinancement doit être tenté, il se tente avant, et peser le dépôt contre un refinancement est la première décision à prendre, pas la dernière.

La durée du fichage dépend de l'issue, pas de la date du dépôt

SituationDurée maximale d'inscriptionRadiation anticipée
Incident de paiement caractérisé5 ansDès régularisation intégrale
Plan conventionnel ou mesures imposées7 ansÀ 5 ans si aucun incident sur les 5 premières années
Rétablissement personnel5 ansAucune

Code de la consommation, articles L.751-1 et suivants, et arrêté du 26 octobre 2010 relatif au FICP. « 5 ans dans tous les cas » est l'une des erreurs les plus recopiées du secteur : les durées sont de 5, 7 et 5 ans selon la situation.

Les seuils d'inscription pour un simple incident, eux, sont précis : 2 échéances mensuelles consécutives impayées, ou un retard de plus de 60 jours, ou 500 € au moins de découvert non régularisé 60 jours après mise en demeure, ou une déchéance du terme. Le prêteur doit vous avertir par écrit et vous laisser 30 jours pour régulariser. l'inscription au FICP et sa durée exacte détaille chaque seuil et la marche à suivre pour obtenir une radiation.

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95 % des dossiers sont déclarés recevables : le refus est l'exception

La peur du refus est la première raison qui retarde un dépôt. Elle ne résiste pas aux chiffres : la Banque de France constate un taux de recevabilité voisin de 95 %. Autrement dit, 19 dossiers sur 20 passent. Le refus existe, mais il tient à des motifs précis, et il se conteste.

Dossier de surendettement refusé pour mauvaise foi : les comportements réellement visés

La bonne foi est présumée par l'article L.711-1 : ce n'est pas à vous de la prouver, c'est à un créancier de la contester avec des faits. Sont visées l'organisation volontaire de son insolvabilité, la fausse déclaration sur les revenus ou le patrimoine, et l'emprunt souscrit en sachant qu'il ne serait pas remboursé. Ne sont pas de la mauvaise foi : l'accumulation maladroite de crédits à la consommation, un divorce, une perte d'emploi, un projet professionnel qui a échoué.

Dossier de surendettement irrecevable : les 3 recours et leurs délais

  1. Le recours devant le juge des contentieux de la protectionLa décision d'irrecevabilité se conteste dans les 15 jours de sa notification, par lettre recommandée adressée au secrétariat de la commission. La procédure est gratuite et ne nécessite pas d'avocat.
  2. Le nouveau dépôt, quand la situation a changéRien n'interdit de redéposer. Un dossier ne se refuse pas parce qu'un précédent a été rejeté : il se juge sur la situation du jour. Une dégradation réelle des ressources ou une nouvelle dette exigible suffit à rouvrir l'examen.
  3. La demande de réexamen après complément de piècesQuand l'irrecevabilité tient à un dossier incomplet — dettes non justifiées, ressources non prouvées — le complément des pièces est la voie la plus rapide, et un point conseil budget peut le préparer gratuitement.

L'appel des créanciers après la recevabilité du dossier

La décision de recevabilité est notifiée aux créanciers, et ils peuvent la contester. Le recours se forme dans les 15 jours de la notification, devant le juge des contentieux de la protection, et il porte sur la recevabilité elle-même, pas sur le montant des dettes. Dans les faits, il reste marginal : les créanciers contestent bien plus souvent les mesures proposées, dans le délai de 30 jours prévu par l'article R.733-6, que la recevabilité du dossier. Un recours de créancier ne suspend pas la protection acquise tant que le juge n'a pas statué.

Un point souvent ignoré : un refus de crédit ne s'inscrit dans aucun fichier, et une irrecevabilité non plus. Ni l'un ni l'autre n'alourdit votre situation auprès des établissements.

Le délai légal de 3 mois, le délai réel d'un mois, et la sanction du retard

2 calendriers coexistent, et on ne vous montre en général que le premier. Le texte donne à la commission 3 mois pour statuer sur la recevabilité à compter du dépôt. La Banque de France mesure un délai réel d'un peu plus d'un mois, et un délai moyen de 4 mois environ jusqu'à la solution proposée.

3 moisle plafond fixé par le texte
1 moisle délai réellement constaté en 2025
4 moisdu dépôt à la solution, en moyenne

Le taux ramené au taux légal : un droit que personne ne vous explique

Si la commission dépasse les 3 mois sans statuer, l'article L.721-2 du code de la consommation prévoit une sanction automatique : le taux d'intérêt de tous les emprunts en cours est ramené au taux de l'intérêt légal pendant les 3 mois suivants, sauf décision contraire de la commission ou du juge. Sur un encours de crédits renouvelables à 20 %, l'économie n'est pas symbolique. Ce droit ne s'active pas tout seul : il se rappelle, par écrit, au secrétariat de la commission.

Les 3 effets immédiats de la décision de recevabilité

La recevabilité suspend et interdit les procédures d'exécution portant sur les dettes autres qu'alimentaires, ainsi que les cessions de rémunération (art. L.722-2), pour une durée qui court jusqu'à l'approbation du plan et 2 ans au maximum (art. L.722-3). Elle vous interdit en retour d'aggraver votre insolvabilité, de payer un créancier plutôt qu'un autre et de consentir de nouvelles garanties — sauf autorisation du juge des contentieux de la protection (art. L.722-5). Si une saisie immobilière déjà engagée a déjà atteint le stade de l'adjudication ordonnée, la suspension ne l'efface pas : elle arrive trop tard.

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Dossier de surendettement recevable et après : les 3 orientations possibles

La recevabilité n'est pas la fin, c'est le début. Le dossier est ensuite orienté vers l'une des 3 solutions, en fonction de ce qui reste, une fois les charges incompressibles payées.

OrientationConditionDuréeEffet principal
Plan conventionnel de redressementIl reste une capacité de remboursement et les créanciers acceptent7 ans au maximumMensualité unique négociée
Mesures imposées par la commissionLe plan a échoué ou un créancier refuse7 ans au maximumRééchelonnement, taux réduit, capital d'abord
Rétablissement personnelSituation irrémédiablement compromiseimmédiatEffacement des dettes non professionnelles et professionnelles

Code de la consommation, articles L.732-3, L.733-1 et L.741-1 et suivants. La durée de 7 ans s'entend révision et renouvellement compris, avec une exception pour les mesures portant sur le prêt immobilier de la résidence principale qui évitent la vente du logement.

Je n'arrive pas à rembourser mon plan de surendettement : les 3 issues

C'est l'une des recherches les plus fréquentes du champ, et elle mérite une réponse nette. Un plan qui n'est plus tenable ne se subit pas. Le nouveau dépôt est le réflexe correct : la commission réexamine la situation et peut réviser les mesures, allonger, ou réorienter vers un rétablissement personnel si la capacité de remboursement a disparu. Deuxième voie, la demande de révision en cours d'exécution, lorsqu'un événement précis l'explique — perte d'emploi, maladie, séparation. Troisième voie, le moratoire : la commission peut suspendre l'exigibilité des dettes autres qu'alimentaires pendant 2 ans, intérêts suspendus (art. L.733-1, 4°).

Le seul choix vraiment mauvais est de laisser le plan tomber : la caducité constatée après mise en demeure restée sans effet rend aux créanciers la liberté de reprendre les poursuites. les 7 ans qui plafonnent le plan détaille les cas de révision et la durée exacte que la commission peut retenir selon les dettes.

Les dettes exclues du dossier de surendettement, et celles que l'on croit exclues

Le dossier doit recenser toutes les dettes, même celles dont on pense qu'elles n'y ont pas leur place. Le tri se fait ensuite, et il obéit à 2 logiques différentes qu'il ne faut pas confondre : ce qui n'entre pas dans la procédure, et ce qui y entre mais ne sera jamais effacé.

Les 5 dettes que rien n'efface, quelle que soit l'issue

  • Les dettes alimentaires — pensions et contributions à l'entretien des enfants. Elles ne sont ni effacées, ni suspendues, ni rééchelonnées par la procédure.
  • Les réparations pécuniaires allouées aux victimes d'infractions pénales dans le cadre d'une condamnation.
  • Les dettes nées de manœuvres frauduleuses au préjudice des organismes de protection sociale, une fois la fraude établie.
  • Les amendes pénales, amendes forfaitaires majorées comprises.
  • Les dettes fiscales sanctionnées par des majorations non rémissibles — celles du II de l'article 1756 et de l'article 1745 du code général des impôts, et celles de l'article L.267 du livre des procédures fiscales. Ajout de la loi de finances pour 2022. L'impôt ordinaire, lui, reste effaçable.

Les dettes que l'on croit exclues à tort : impôts, URSSAF, charges courantes

Impôts, taxe foncière, cotisations sociales, loyers impayés, factures d'énergie, frais de cantine : tout cela entre dans le dossier au titre des charges courantes, peut être rééchelonné et peut être effacé en rétablissement personnel. Les charges courantes représentent d'ailleurs 13,4 % de l'endettement des ménages surendettés. Seule la fraude caractérisée fait exception, pas le simple retard de paiement.

Les dettes professionnelles d'un travailleur indépendant

Un auto-entrepreneur ou un ancien gérant peut relever de la procédure dès lors qu'il a des dettes non professionnelles qui justifient la saisine. Et depuis 2016, l'article L.741-2 prévoit que le rétablissement personnel efface aussi les dettes professionnelles de la personne physique. « Seules les dettes non professionnelles sont effacées » est une phrase qui date d'avant cette réforme et que le marché continue de recopier.

Déposer un dossier sans son conjoint : possible, rarement judicieux

Rien n'oblige un couple à déposer à deux, et un dépôt individuel reste recevable. Mais la procédure ne protège que celui qui dépose : le conjoint co-emprunteur reste tenu de la totalité de la dette commune, et un créancier peut se retourner intégralement vers lui. Sauf raison précise — séparation en cours, dettes strictement personnelles — le dépôt commun est la règle de bon sens quand les crédits ont été signés à deux.

La vie pendant le plan : compte bancaire, carte, logement, assurances

« Et après ? » est la question la plus posée et la moins traitée de tout le marché. Les pages du secteur s'arrêtent à la décision. Voici ce qui change vraiment dans la vie quotidienne, et ce qui ne change pas.

Dossier de surendettement et carte bancaire bloquée : ce que la banque peut faire

Un dossier n'entraîne pas d'interdiction bancaire : le FICP et le fichier central des chèques sont 2 fichiers différents, et l'inscription à l'un n'entraîne pas l'inscription à l'autre. Votre compte reste ouvert. La banque conserve en revanche la liberté commerciale de supprimer le découvert autorisé et de remplacer une carte à débit différé par une carte à autorisation systématique, qui refuse l'opération si le solde est insuffisant. Ce n'est pas un blocage du compte, et le droit au compte assorti des services bancaires de base gratuits reste garanti par l'article L.312-1 du code monétaire et financier. Les conditions du retrait de carte et de la sortie du fichier des chèques tiennent dans l'interdiction bancaire et le droit au compte.

Louer un logement quand on est fiché : le FICP n'est pas consultable par un bailleur

Point rassurant et presque jamais écrit : le FICP n'est accessible qu'aux établissements de crédit et à quelques organismes limitativement désignés. Un bailleur, une agence immobilière, un employeur n'y ont pas accès et ne peuvent pas savoir que vous y figurez. Un dossier de surendettement ne se lit sur aucun document que vous fournirez pour louer.

Assurances, mutuelle, téléphonie : les prélèvements courants continuent

Le plan porte sur les dettes, pas sur les contrats en cours. Assurance habitation, assurance auto, mutuelle, abonnements : ils continuent d'être prélevés normalement, et leurs échéances futures ne sont pas suspendues. Les impayés antérieurs, eux, entrent dans le dossier au titre des charges courantes — qui représentent 13,4 % de l'endettement des ménages surendettés. L'assurance emprunteur d'un prêt immobilier, en particulier, doit être maintenue : sa résiliation ferait perdre la garantie qui protège justement le logement.

Le prélèvement unique du plan ne se met pas en place tout seulLa mensualité du plan se règle créancier par créancier, sauf si le plan organise un versement centralisé. Vérifiez la première échéance sur votre relevé : un virement mal paramétré au premier mois est la cause la plus banale de caducité, et elle est évitable d'un appel au secrétariat de la commission.
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Dossier de surendettement pour un propriétaire de maison : les 3 questions à poser

25,7 % de l'endettement des ménages surendettés est de la dette immobilière : le propriétaire n'est pas un cas marginal, c'est un quart du sujet. 3 questions reviennent, et elles ont des réponses différentes.

Un propriétaire peut-il voir son dossier déclaré irrecevable à cause de son bien ?

Non. L'article L.711-1 précise que le seul fait d'être propriétaire de sa résidence principale, dont la valeur estimée au jour du dépôt est égale ou supérieure au montant total des dettes, ne peut pas empêcher que le surendettement soit caractérisé. La commission regarde la capacité de remboursement, pas la valeur du patrimoine.

La commission peut-elle imposer la vente de la maison ?

Ni dans un plan conventionnel, ni dans des mesures imposées : elle n'a pas ce pouvoir. L'article L.732-3 lui permet au contraire d'aménager le prêt immobilier de la résidence principale au-delà du plafond de 7 ans, quand cet aménagement évite la vente du logement ou permet de rembourser l'intégralité des dettes en le conservant. Le seul cas de vente est le rétablissement personnel avec liquidation judiciaire, prononcé par le juge des contentieux de la protection lorsqu'il existe un actif à réaliser ; l'effacement total des dettes en fixe les conditions.

Que devient l'hypothèque déjà inscrite sur le bien ?

Elle survit à la procédure. La commission peut réaménager la dette garantie, elle ne peut ni radier l'inscription, ni faire perdre son rang au créancier. Pour un propriétaire qui dépose un dossier, cela change la manière de préparer le dépôt : l'échéancier du prêt, l'état hypothécaire et une estimation récente du bien font gagner des semaines d'instruction. Et si un refinancement doit être tenté, un regroupement de crédits avant que le dossier ne parte est la seule séquence qui garde du sens.

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Dépôt de dossier de surendettement et nouvelle loi : le vrai périmètre des textes de 2025

« Dépôt dossier surendettement nouvelle loi » est une recherche très demandée, alimentée par une confusion. Voici ce qui a changé, et surtout ce qui n'a pas bougé.

Les ordonnances de 2025 ne modifient aucune durée de fichage

Les ordonnances n° 2025-880 et n° 2025-1154 transposent la directive européenne 2023/2225 sur les contrats de crédit aux consommateurs, avec une entrée en vigueur au 20 novembre 2026. Elles portent sur l'information précontractuelle, la publicité et l'évaluation de solvabilité — donc sur la consultation du fichier par les prêteurs. Elles ne touchent ni aux durées d'inscription au FICP, ni à la durée des plans, ni aux conditions de recevabilité.

Le vrai changement récent date de 2018, et il est passé inaperçu

La modification qui compte encore aujourd'hui est l'abaissement du plafond du plan de 8 à 7 ans, issu de la loi n° 2016-1691 du 9 décembre 2016 et applicable aux dossiers déposés à compter du 1er janvier 2018. 8 ans plus tard, la moitié des pages du secteur publie encore « 8 ans ».

Combien de dossiers de surendettement peut-on déposer ?

Aucun texte ne limite le nombre de dépôts. Un nouveau dossier s'apprécie sur la situation du jour, et c'est même la voie normale lorsqu'un plan ne peut plus être tenu ou lorsqu'une irrecevabilité a été prononcée sur une situation qui s'est depuis dégradée. Le seul motif qui ferme durablement la porte est la mauvaise foi caractérisée, et les 7 membres qui examinent le dossier apprécie cette question dossier par dossier.

Questions fréquentes

Dossier de surendettement recevable et après, que se passe-t-il ?
Le dossier est orienté vers l'une des 3 solutions : plan conventionnel négocié avec les créanciers, mesures imposées par la commission, ou rétablissement personnel avec effacement des dettes. Dans le même temps, la recevabilité suspend et interdit les procédures d'exécution pendant 2 ans au maximum. Comptez environ 4 mois entre le dépôt et la solution proposée. Le fichage, lui, a commencé le jour du dépôt et durera 5 à 7 ans selon l'issue.
À quel moment est-on inscrit au FICP après un dépôt de dossier ?
Dès le dépôt, avant toute décision de la commission. C'est l'une des erreurs les plus répandues du secteur : de nombreuses pages annoncent une inscription à la recevabilité, ce qui laisse croire à une fenêtre de 1 à 3 mois pendant laquelle un crédit resterait accessible. Cette fenêtre n'existe pas. Si un regroupement de crédits doit être tenté, il doit l'être avant le dépôt, jamais après.
Un dossier de surendettement peut-il être refusé pour mauvaise foi ?
Oui, mais c'est rare : environ 95 % des dossiers sont déclarés recevables, et la bonne foi est présumée par l'article L.711-1. C'est donc à un créancier de démontrer le contraire. Sont visées l'organisation volontaire de son insolvabilité, la fausse déclaration de revenus ou de patrimoine, et l'emprunt souscrit en sachant qu'il ne serait pas remboursé. L'accumulation de crédits à la consommation, un divorce ou une perte d'emploi ne sont pas de la mauvaise foi. Le refus se conteste dans les 15 jours.
Que faire si je n'arrive pas à rembourser mon plan de surendettement ?
Redéposer un dossier est la démarche correcte, et rien ne limite le nombre de dépôts : la commission réexamine la situation du jour et peut réviser les mesures, les allonger dans la limite de 7 ans, accorder un moratoire de 2 ans avec suspension des intérêts, ou réorienter vers un rétablissement personnel si la capacité de remboursement a disparu. Ce qu'il ne faut pas faire, c'est laisser le plan devenir caduc : les créanciers retrouvent alors la liberté de reprendre les poursuites.
Ma carte bancaire sera-t-elle bloquée pendant le dossier ?
Le compte reste ouvert et le dossier n'entraîne aucune interdiction bancaire : le FICP et le fichier central des chèques sont 2 fichiers distincts. La banque garde toutefois la liberté de retirer le découvert autorisé et de remplacer la carte par une carte à autorisation systématique, qui refuse l'opération quand le solde est insuffisant. Le droit au compte et les services bancaires de base gratuits sont garantis par l'article L.312-1 du code monétaire et financier.
Un propriétaire peut-il déposer un dossier de surendettement ?
Oui. L'article L.711-1 interdit expressément de considérer qu'un propriétaire n'est pas surendetté au seul motif que la valeur de sa résidence principale égale ou dépasse le total de ses dettes. La commission ne peut pas non plus imposer la vente du logement dans un plan conventionnel ni dans des mesures imposées ; elle peut au contraire aménager le prêt immobilier au-delà de 7 ans pour éviter cette vente. Seul le rétablissement personnel avec liquidation judiciaire conduit à réaliser le bien.
Pour aller plus loin dans la procédure
Note de la rédaction

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Nos sources
  • Code de la consommation, article L.711-1 (définition du surendettement, bonne foi présumée et impossibilité d'écarter un propriétaire de sa résidence principale au seul motif de la valeur du bien), article L.721-2 (délai de 3 mois pour statuer sur la recevabilité et sanction du taux de l'intérêt légal pendant les 3 mois suivants).
  • Code de la consommation, articles L.722-2, L.722-3 et L.722-5 (suspension et interdiction des procédures d'exécution, durée maximale de 2 ans, interdiction d'aggraver l'insolvabilité et de consentir de nouvelles sûretés sauf autorisation du juge des contentieux de la protection).
  • Code de la consommation, article L.732-3 (plan conventionnel limité à 7 ans, révision et renouvellement compris, et exception de l'alinéa 2 pour les mesures relatives au remboursement des prêts immobiliers de la résidence principale évitant la vente du logement), article L.733-1 (mesures imposées, rééchelonnement, imputation prioritaire sur le capital, réduction du taux, moratoire de 2 ans avec suspension des intérêts), articles L.741-1 et suivants (rétablissement personnel) et article R.733-6 (contestation dans les 30 jours).
  • Code de la consommation, articles L.751-1 et suivants, et arrêté du 26 octobre 2010 relatif au fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers : durées d'inscription de 5 ans pour un incident, 7 ans au plus pour un plan ou des mesures avec radiation à 5 ans en l'absence d'incident, 5 ans pour un rétablissement personnel ; seuils d'inscription de 2 échéances consécutives impayées, de 60 jours de retard, de 500 € de découvert non régularisé 60 jours après mise en demeure, ou de déchéance du terme ; avertissement écrit du prêteur et délai de 30 jours pour régulariser.
  • Banque de France, statistiques du surendettement des ménages 2025 : 148 013 dossiers déposés, taux de recevabilité voisin de 95 %, délai réel de recevabilité d'un peu plus d'un mois pour un plafond légal de 3 mois, délai moyen de 4 mois jusqu'à la solution, 25,7 % de dettes immobilières et 13,4 % de charges courantes dans l'endettement global. Inscription au FICP dès le dépôt de la demande, selon la documentation officielle du fichier. Information générale au 34 14.
  • Code monétaire et financier, article L.312-1 (droit au compte et services bancaires de base), article L.519-6 (aucune somme perçue avant le déblocage effectif des fonds) et article L.546-3 (interdiction de laisser croire à une immatriculation ORIAS).
  • Ordonnances n° 2025-880 et n° 2025-1154 transposant la directive (UE) 2023/2225 relative aux contrats de crédit aux consommateurs, en vigueur au 20 novembre 2026 ; loi n° 2016-1691 du 9 décembre 2016 ayant ramené la durée maximale du plan de 8 à 7 ans pour les dossiers déposés à compter du 1er janvier 2018.
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La rédaction de hypothéquer-sa-maison.fr

Ce guide est écrit et vérifié par l'équipe éditoriale du site. Son expérience ne vient pas de la documentation : elle vient de la conduite d'un cabinet de courtage en regroupement de crédits, de 2016 à 2024 — des dossiers de propriétaires montés, défendus devant les établissements, acceptés ou refusés.

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