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Trois générations d'une même famille réunies devant la maison : hypothèque, héritage et succession
Situations de vie

Divorce et hypothèque : qui garde le bien, qui garde la dette

Le jugement règle le sort du couple, pas celui du crédit. Tant que la banque n'a pas signé la désolidarisation, les 2 ex-époux restent tenus de la totalité des échéances — et l'inscription hypothécaire reste prise à leurs 2 noms.

Vérifié le 16 août 2026·11 min de lecture ·Solution Hypothèque
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Nous sommes comparateur, pas prêteur. Aucune somme ne peut vous être demandée avant le déblocage effectif des fonds (article L.519-6 du code monétaire et financier).

Le jugement, le prêt et l'hypothèque : 3 plans qui ne se règlent pas ensemble

La recherche « divorce hypothèque maison » mélange 3 questions que le droit traite séparément, et c'est de ce mélange que naissent la plupart des mauvaises surprises.

Le juge prononce le divorce et fixe les mesures entre les époux ; la banque décide seule qui reste tenu du prêt ; le service de la publicité foncière, lui, ne connaît que l'inscription publiée.

Cette mécanique — la garantie suit le bien et non les personnes — est la même que l'hypothèque au moment du règlement d'une succession.

Retenez la hiérarchie : le jugement ne s'impose pas au prêteur. Une convention de divorce peut attribuer le logement à l'un et lui mettre le crédit à charge : la banque, qui n'y est pas partie, continue de pouvoir réclamer la totalité de l'échéance impayée à l'autre.

Hypothèque et divorce : le vocabulaire qui compte devant le banquier

Trois mots ne sont pas interchangeables. La désolidarisation libère un co-emprunteur de la dette : elle suppose l'accord écrit du prêteur. Le rachat de soulte règle la propriété : c'est un acte notarié qui transfère la part de l'un à l'autre.

La mainlevée efface l'inscription hypothécaire : c'est une formalité publiée, qui se paie. Une opération complète comporte les trois, et beaucoup de dossiers échouent parce que seule la deuxième a été préparée.

La désolidarisation du prêt immobilier n'est jamais de droit

C'est le point de blocage numéro un, et il n'est presque jamais chiffré. Un co-emprunteur peut demander à être libéré ; le prêteur peut refuser sans motiver.

Il accepte quand celui qui reste présente, seul, une capacité de remboursement suffisante — et « suffisante » veut dire un taux d'effort qui ne dépasse pas 35 % des revenus nets, assurance comprise, borne posée par la décision du Haut Conseil de stabilité financière du 29 septembre 2021, contraignante depuis le 1er janvier 2022.

Le calcul se fait sur les revenus du seul repreneur, éventuellement augmentés de la pension alimentaire perçue et diminués de celle qu'il verse. Un ménage qui tenait à 2 bascule mécaniquement : c'est arithmétique, pas personnel.

35 %d'endettement maximum sur le seul repreneur
3 680 €de revenus nets pour tenir 1 288 € d'échéance
0 €de libération automatique par le jugement

Je paye seul le crédit immobilier en indivision : ce qui m'est dû au partage

Entre le divorce et le partage, le bien n'est plus en communauté : il tombe en indivision post-communautaire. Les échéances que vous réglez seul avec vos deniers personnels constituent des dépenses de conservation, et elles ouvrent une créance contre l'indivision (code civil, article 815-13).

Symétriquement, celui qui occupe seul le logement doit une indemnité d'occupation à l'indivision (article 815-9). Les deux se compensent dans le compte d'indivision établi par le notaire, et l'écart se retrouve dans la soulte.

Conservez les relevés : c'est la preuve du paiement personnel qui fait la créance, pas l'attestation de la banque. Les mêmes règles gouvernent le fait hypothéquer un bien resté en indivision après la séparation.

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Le vrai nœud : le bien reste grevé au nom des deux

Le divorce ne touche pas à l'inscription hypothécaire. Elle a été publiée au service de la publicité foncière au nom des 2 co-emprunteurs, pour la garantie d'un prêt précis, et elle y reste jusqu'à sa péremption ou sa radiation. Un avenant de désolidarisation ne la modifie pas davantage : il change le débiteur, pas la garantie publiée.

Conséquence pratique, absente des pages qui traitent le sujet : dès qu'un nouveau prêt finance la soulte, la banque exige presque toujours une garantie propre au repreneur. Il faut donc solder l'ancien crédit, obtenir le coût de la mainlevée de l'inscription existante, puis payer une inscription neuve. La garantie se paie 2 fois dans la même opération.

Poste de garantieSur un prêt racheté de 120 000 €Nature du tarif
Mainlevée de l'inscription existante450 à 700 €Émolument forfaitaire, A444-141
Nouvelle inscription sur 210 000 € garantis2 696 €Émoluments + taxes
Total garantie de l'opération3 150 à 3 400 €—

Tarif réglementé des notaires, code de commerce, annexe 4-7, articles A444-136 et A444-143 (inscription) et A444-141 (mainlevée) ; taxe de publicité foncière 0,715 % (CGI article 844) et contribution de sécurité immobilière 0,05 % (CGI articles 881 H à 881 M). Montants calculés en août 2026.

Deux leviers réduisent la facture, et ils se demandent avant la signature. Le premier : si l'inscription initiale est proche de sa date extrême d'effet, elle s'éteindra seule et il n'y a rien à lever.

Le second : le montant garanti de la nouvelle inscription est majoré de 10 à 20 % du capital par le prêteur — obtenir 10 % plutôt que 20 % économise environ 150 € de taxe sur ce dossier.

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Les 3 issues du logement, et ce que chacune coûte

Vendre, racheter la part de l'autre, ou rester en indivision

Un couple propriétaire qui se sépare n'a que 3 sorties possibles. Elles n'appellent ni le même financement, ni les mêmes frais, et le choix se fait souvent sur un critère unique : la capacité de l'un à porter seul le crédit.

IssueCe qui se passe pour le prêtCoût fiscalDélai courant
Vendre et partager le prixSoldé sur le prix par le notaire1,10 % sur l'actif net3 à 6 mois
Attribution à l'un, avec soulteDésolidarisation ou nouveau prêt1,10 % + frais d'acte3 à 5 mois
Maintien en indivisionLes deux restent tenus solidairement0 € immédiatReporté

Droit de partage de 1,10 % applicable aux partages consécutifs à un divorce, une séparation de corps ou une rupture de PACS depuis le 1er janvier 2022 (CGI article 746, échelonnement issu de la loi de finances pour 2020 n° 2019-1479, article 108).

Le maintien en indivision, la fausse bonne idée qui coûte le plus cher

Rester indivis évite l'acte et son droit de partage. C'est un report, pas une économie : la solidarité envers la banque demeure entière, chaque acte de disposition exige l'accord des deux, et la valeur du bien continue d'évoluer sans que le partage soit figé.

Quand la situation budgétaire de l'un se dégrade, c'est l'autre qui reçoit la mise en demeure — et le sujet devient alors l'hypothèque face au surendettement.

Une variante mérite d'être connue quand le logement a été acheté par une société : un logement hypothéqué en SCI ne se partage pas, il se cède en parts sociales, avec un régime et des frais différents.

À quelle date la maison s'évalue : l'article 829 du code civil

C'est la question qui décide du montant à emprunter. Le prix retenu pour calculer la soulte n'est pas celui du jour de la séparation, ni celui de l'assignation : les biens sont estimés à la date de la jouissance divise, fixée le plus proche possible du partage (code civil, article 829).

Dans un marché qui monte, l'ex-conjoint qui rachète paie donc plus cher qu'il ne l'avait budgété 2 ans plus tôt ; dans un marché qui baisse, c'est lui qui y gagne. Une estimation vieille de 18 mois n'a aucune valeur au moment de signer, et la banque le sait : elle demandera son propre avis de valeur.

La date des effets patrimoniaux, à ne pas confondre avec la date d'évaluationLe divorce prend effet entre les époux, quant à leurs biens, à la date de la demande en divorce lorsqu'il est judiciaire, et à la date à laquelle la convention acquiert force exécutoire lorsqu'il est par consentement mutuel (code civil, article 262-1). Cette date arrête la composition du patrimoine à partager. La valeur, elle, se fixe au plus près du partage : 2 dates différentes, 2 effets différents.
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Le calendrier du divorce commande le montant que vous aurez à emprunter

Les dates s'articulent dans un ordre précis. Elles décident pourtant de tout : ce qui reste dû, ce qui s'évalue, et à quel moment la banque peut instruire un dossier.

  1. L'audience d'orientation et sur mesures provisoires — depuis la réforme entrée en vigueur le 1er janvier 2021 (loi n° 2019-222 du 23 mars 2019), elle remplace l'ordonnance de non-conciliation. Le juge y attribue la jouissance du logement, à titre gratuit ou onéreux : cette mention conditionne l'indemnité d'occupation.
  2. La demande en divorce — elle fixe la date des effets patrimoniaux entre époux dans un divorce judiciaire. Au-delà, ce que chacun acquiert ou rembourse ne se confond plus.
  3. L'estimation et l'accord bancaire — comptez 3 à 6 semaines pour obtenir un avis de valeur et une réponse de principe. L'offre de prêt impose ensuite un délai de réflexion de 10 jours avant acceptation (code de la consommation, article L.313-34).
  4. L'acte de partage et sa publication — signature chez le notaire, paiement du droit de partage, mainlevée de l'ancienne inscription et publication de la nouvelle. Deux à 6 semaines de plus.

Un dossier préparé pendant l'instance se signe dans le mois qui suit le prononcé ; un dossier lancé après le jugement ajoute 3 à 4 mois pendant lesquels les échéances continuent de tomber sur 2 personnes qui ne vivent plus ensemble.

Co-emprunteur en séparation, union libre ou PACS : le partage n'a pas le même prix

Le cas revient dans les recherches associées, et il se traite ici. Il coûte pourtant beaucoup plus cher, et le chiffre mérite d'être écrit.

Quand l'indivision est issue d'une succession, d'une communauté conjugale ou d'un bien acquis par des époux ou des partenaires pacsés, la soulte n'est pas taxée comme une vente : seul le droit de partage s'applique (CGI article 748).

Quand 2 concubins ont acheté en indivision, ce régime de faveur ne les vise pas : l'administration taxe la part rachetée au tarif d'une mutation à titre onéreux, sans commune mesure avec 1,10 %.

L'écart à faire confirmer par le notaire avant de signerSur une part rachetée de 90 000 €, le droit de partage à 1,10 % représente environ 1 000 €. Une taxation au tarif des ventes sur la même part se compte en milliers d'euros. Le régime dépend de l'origine exacte de l'indivision : faites-le écrire noir sur blanc dans le projet d'acte, c'est la seule ligne du devis qui puisse varier d'un facteur 5.

Le PACS bénéficie du taux réduit de 1,10 % en cas de rupture, au même titre que le divorce et la séparation de corps. Le concubinage n'ouvre ni ce taux, ni la protection de l'article 748 : c'est la différence la plus coûteuse entre 2 couples qui ont vécu la même histoire.

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L'assurance emprunteur après la séparation : quotité, coût et contrat à reprendre

Passer de 50 % à 100 % de quotité sur une seule tête

Dernier angle mort du marché : aucune des pages étudiées n'évoque l'assurance. Elle change pourtant la mensualité et, parfois, décide de l'accord.

Un couple assure généralement le prêt à 50 % sur chaque tête, parfois à 100 % sur chacune. Quand l'un reprend seul, la couverture doit passer à 100 % sur sa tête : la cotisation ne double pas mécaniquement, mais elle progresse, et elle est recalculée à l'âge atteint, pas à celui de la souscription initiale.

Deux leviers existent, et ils se cumulent. La délégation d'assurance permet de présenter un autre contrat que celui du prêteur ; la résiliation à tout moment, ouverte par la loi n° 2022-270 du 28 février 2022, permet d'en changer ensuite sans attendre une échéance. Sur 10 ans restants, l'écart entre 2 contrats se chiffre couramment en milliers d'euros.

Quand le nouveau montage regroupe l'ancien prêt et la soulte dans une seule ligne, comparez aussi la solution d'un regroupement de crédits adossé au logement : elle évite l'inscription tant que le total reste modéré. Reste à poser le bon chiffre : le calcul de la soulte suppose de partir de la valeur du bien, pas du prix d'achat.

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Questions fréquentes

Le divorce me libère-t-il du prêt immobilier ?
Non. Le jugement règle les rapports entre les ex-époux, pas ceux avec la banque. La solidarité contractuelle survit au divorce : chaque co-emprunteur reste tenu de la totalité de la dette tant que le prêteur n'a pas signé un avenant (code civil, article 1313). Une convention qui met le crédit à la charge de l'un ne vaut qu'entre eux : en cas d'impayé, la banque réclame à l'autre.
La banque peut-elle refuser la désolidarisation ?
Oui, sans avoir à motiver son refus. Elle accepte lorsque le repreneur présente seul un taux d'effort inférieur à 35 % de ses revenus nets, assurance comprise. En cas de refus, 3 voies restent ouvertes : allonger la durée pour faire baisser la mensualité, faire racheter le prêt ailleurs, ou adosser le financement à la valeur du bien plutôt qu'aux seuls revenus.
Faut-il refaire une hypothèque après un divorce ?
Presque toujours, dès qu'un nouveau prêt intervient. L'inscription existante garantit un crédit précis, au nom des 2 co-emprunteurs : elle ne se transfère pas. Le nouveau prêteur fait lever l'ancienne, puis publier la sienne. Comptez 450 à 700 € de mainlevée et 2 696 € pour une inscription de 210 000 €. Si l'ancienne est périmée, la mainlevée disparaît du devis.
Quelles sont les conséquences fiscales d'une hypothèque lors d'un divorce ?
L'inscription hypothécaire n'est pas un impôt : elle supporte la taxe de publicité foncière de 0,715 % du montant garanti et la contribution de sécurité immobilière de 0,05 %. L'impôt du divorce, c'est le droit de partage : 1,10 % de l'actif net partagé depuis le 1er janvier 2022. Le rachat de soulte échappe à l'impôt sur le revenu, et le capital restant dû se déduit de l'actif partagé.
L'hypothèque complique-t-elle le partage d'un héritage reçu pendant le mariage ?
Un bien reçu par succession est un propre : il n'entre pas dans la communauté à partager. Mais s'il a été hypothéqué pour financer un besoin du ménage, la dette garantie peut donner lieu à récompense au profit ou à la charge de la communauté. Le notaire liquidateur établit ce compte avant de calculer la soulte : c'est le document qui explique l'écart entre la valeur du bien et ce que vous touchez.
Note de la rédaction

Quand l'un reprend le bien, la garantie se paie deux fois : 450 à 700 € de mainlevée sur l'inscription existante, puis 2 696 € pour une inscription neuve sur 210 000 € garantis. Aucun devis de séparation ne fait apparaître cette double ligne.

Deuxième point que nous vérifions systématiquement : l'origine de l'indivision. Deux concubins n'ont pas droit au partage à 1,10 % de l'article 748 ; leur part rachetée est taxée au tarif des ventes.

Si votre situation est différente
  • le crédit d'un expatriéExpatrié ou étranger non-résident, vous possédez un bien en France et vous voulez en mobiliser la valeur : c'est possible…
  • Rachat de soulteRacheter la part de votre ex-conjoint ou de vos cohéritiers suppose 3 calculs : la soulte elle-même, l'impôt du partage, et…
  • Hériter d'une maison hypothéquéeHériter d'une maison hypothéquée fait peur parce qu'on croit hériter de la dette.
Nos sources
  • Code civil, articles 1313, 815-9, 815-13, 262-1 et 829 (solidarité, indemnité d'occupation, dépenses de conservation, date des effets, date d'évaluation).
  • Loi n° 2019-222 du 23 mars 2019, en vigueur au 1er janvier 2021.
  • Code général des impôts, article 746 (droit de partage, 1,10 % depuis le 1er janvier 2022) et article 748 (soultes non taxées comme des ventes).
  • Loi de finances pour 2020 n° 2019-1479, article 108 (échelonnement 2,50 % → 1,80 % → 1,10 %).
  • Haut Conseil de stabilité financière, décision n° D-HCSF-2021-7 du 29 septembre 2021.
  • Code de commerce, annexe 4-7, articles A444-136, A444-143 et A444-141 ; CGI article 844 et articles 881 H à 881 M.
  • Code de la consommation, article L.313-34 ; loi n° 2022-270 du 28 février 2022.
  • Service-public : l’indivision entre héritiers — fiche officielle de l'administration française.
  • economie.gouv.fr : les frais de notaire à l’achat — fiche du ministère de l'Économie.
SH
Solution Hypothèque — Ayoub El Amrani, pour l'équipe éditoriale du site.
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